| Adorons Jésus-Eucharistie! | Accueil >> Varia >> Livres >> Précis d'histoire de philosophie
[précédente] [suivante]
Note: Si le grec classique ne s'affiche pas correctement sur votre fureteur Internet, SVP lire Comment peut-on lire/écrire des caractères grecs dans une page HTML?.
°400) Ia, q. 115, a. 2.
°401) L'harmonie des deux doctrines devrait se chercher dans la théorie des causes dispositives qui tiennent à la fois de la cause efficiente (donc active) et de la cause matérielle, celle-ci étant susceptible de perfections variées et hiérarchisées.
°402) Conf. l. 1, ch. I, 1.
°403) Cf. §139. Voir Conf. l. 10, ch. XXIII, (Gaudium de veritate).
°404) C'est le point où il est le plus difficile de dégager une doctrine augustinienne purement philosophique, parce que la morale considère les hommes dans le concret, et là, il n'y a que des hommes appelés en fait par Dieu à une destinée surnaturelle. En tout cas, saint Augustin lui-même n'a jamais songé à faire ce travail.
°405) De diversis quaest. 83, q. XXX.
°406) Epist. ad Jeron., No. 15. Epist. CLXVII, édit. POUJOULAT, t. III, p. 424.
°407) In epist. ad Joan., tr. VII, 8, d'où la formule courante: «Ama et fac quod vis».
°408) Cf. F. CAYRÉ, La contemplation augustinienne, Paris, 1927.
°409) De legibus, I, 6.
°410) Cont. Faust., ch. XXII, 27
°411) Cf. BOISSIER, La fin du Paganisme, II, p. 135.
°412) De Civit. Dei, l. XIV, ch. XXVIII.
°413) Il ne faut donc pas confondre «cité terrestre» avec «État temporel»: celui-ci peut, même comme État, appartenir à la cité céleste, s'il poursuit son but conformément à l'amour de Dieu.
°414) CICÉRON, De Rep., II, 19. Ainsi l'âme domine sur le corps; cf. Contra Jul., VI, 61 et De civit. Dei, l. IV, ch. VI; l. XV, ch. XVI, 3.
°415) De libero arb., l. I, ch. V, 12.
°416) Telle est la conclusion qui, selon Combès, découle clairement de nombreuses affirmations où saint Augustin recommande aux chrétiens d'obéir à l'État et à ses lois justes: Cf. La Doctrine politique de saint Augustin, p. 307.
°417) Les affaires religieuses lui revenaient de droit.
°418) Cf. COMBÈS, La Doctrine politique de saint Augustin, p. 320.
°419) C'est ce qu'on appelle aujourd'hui, la «liberté de conscience». Les opinions de saint Augustin sur ce point ont varié d'après les vicissitudes de ses luttes contre les donatistes: cf. F. CAYRÉ, Précis de Patrol., I, p. 612.
°420) Donatistes fanatiques qui terrorisaient les catholiques.
°421) Conf., l. III, ch. VI, 10; il raconte comment les manichéens l'ont séduit en répétant: «Veritas et veritas».
°422) Le principe de saint Augustin, comparé à celui de saint Thomas semble moins large et moins compréhensif; car la «causalité parfaite de Dieu» (principe néoplatonicien: §124 et §146) est, elle-même, comme un chapitre de «l'universelle intelligibilité de l'être» (principe thomiste: §258). C'est d'ailleurs le chapitre le plus fondamental et le plus métaphysique et les deux philosophies se rejoignent dans leurs thèses essentielles, malgré l'évidente divergence de leur esprit et de leur point de vue.
°423) C'est ce qui a conduit certains auteurs à minimiser la valeur rationnelle du système de saint Augustin, par exemple BRÉHIER, (Hist. de la Phil., I, p. 512-515) qui ne lui consacre que quelques pages.
°424) En particulier sur la question de l'origine des âmes: §169.
°425) Sur l'importance des écoles pour la scolastique, cf. §199.
°426) Ces traits communs, historiquement constatés, ont conduit M. de Wulf à donner un sens doctrinal au terme «scolastique»: elle serait un système de philosophie complet enseigné par l'ensemble des penseurs du Moyen Âge latin occidental (cf. Hist. de la Phil. méd., Introduct.). La principale difficulté contre cette opinion est qu'on rencontre parmi ces penseurs, non pas UN, mais PLUSIEURS systèmes complets et irréductibles. An fond, la «scolastique» ne signifie rien d'autre que la «philosophie chrétienne» du Moyen Âge; et nous donnerons aux deux expressions un sens simplement historique; cf. §244.
°427) Elle eut comme précurseur saint JEAN DAMASCÈNE (décédé en 750) dont l'oeuvre maîtresse, πηγὴ γνώσεος, fut utilisée par Pierre Lombard (§227). Cf. F. CAYRÉ, Précis de Patrol., II, p. 322-336; nouv. édition, p. 244.
°428) Par exemple, la fin du De anima et la psychologie de l'âme spirituelle: cf. §84-86.
°429) Saint Thomas a commenté ce livre en le restituant à Proclus: cf. §225.
°430) Plusieurs sectes se constituèrent, discutant sur les attributs de Dieu et sur le fatalisme, insinué, sinon enseigné par le Coran; la plus puissante fut celle des Motazélites, rationalistes et défenseurs de la liberté.
°431) J. DE BOER, Zu Kindi und seiner Schule, Archiv für Geschichte der Philosophie, t. XII, 1900.
°432) STEINSCHNEIDER, Alfarabi, des arabischen Philosophen Leben und Schriften, (Mém. acad. impér. science, Pétersbourg, 7e sér., t. XIII, 4, 1869).
°433) Interprétation possible d'Aristote: cf. §85.
°434) GILSON, Esprit de la philosophie médiévale, I, p. 185.
°435)
CARRA DE VAUX, Gazali, Paris, 1903, (col. les Grands Phil.).
GAZALI, Destructions des Philosophes, trad. CARRA DE VAUX, Louvain,
Museion, 1903 seq.
°437) Selon VAN STEENBERGHEN, Averroès enseignerait la causalité créatrice de Dieu; mais Dieu ne connait pas le monde. (Cf. Siger de Brabant d'après les doc. inédits, II, p. 376).
°438) Cf. DE WULF, Hist. de la phil. méd., 6e éd., p. 308.
°439) Cette théorie devint célèbre sous le nom de «théorie des deux vérités»; cf. §249.
°440) Admises par les augustiniens qui attribuaient le «Fons Vitae» à saint Augustin, elles furent combattues par saint Thomas; cf. §232bis §250.
°441) On dit aussi «Guide des Perplexes»; ou aussi, mais à tort: «des Égarés».
°442) Ia p., q. 13, a. 2.
°443) Ia-IIa, q. 98-105.
°444) GONZALÈS, Hist. de la Phil., II, p. 97.
°445) Cf. F. CAYRÉ, Précis de Patr., II, p. 254-263; nouv. édit., p. 109-118.
°446) Cf. F. CAYRÉ, Précis de Patr., II, p. 268-272; nouv. édit., p. 122-126.
°447) Cf. F. CAYRÉ, Précis de Patr., II, p. 230-242; nouv. édit., p. 84-103.
°448) Cf. F. CAYRÉ, Précis de Patr., II, p. 217-221; nouv. édit., p. 71-75.
°449) Il cite textuellement (dans De div. nom. 18-35), un passage du traité sur l'existence du mal, de Proclus: cf. CAYRÉ, Préc. de Pat., II, p. 90.
°450) Théol. myst., ch. I, n. 1. Cf. CAYRÉ, Préc. de Pat., II, p. 87; nouv. édit., p. 186.
°451) F. CAYRÉ, Précis de Pat., II, p. 214; nouv. édit., p. 68.
°452) De cons. phil., liv. III, Prose 2.
°453) De cons. phil., liv. V, Prose 6.
°454) Liber de persona et de duabus naturis, contra Eutychen et Nestorium, ch. III.
°455) Antérieure au Moyen Âge, cette classification fut vulgarisée par Boèce, Cassiodore et Alcuin. Cf. DE WULF, Hist. de la Phil. méd., 6e éd., I, p. 59.
°456) On connaissait seulement de Platon, des extraits du Timée, et quelques commentaires néoplatoniciens de Porphyre, Thémistius, Alexandre d'Aphrodisias: cf. DE WULF, Hist. de la Phil. méd., 6e éd., I, p. 64-72. Le grand travail de traduction eut lieu au XIIe siècle; cf. §232.
°457) Il écrivit De institutione clericorum (MIGNE, t, CVII) où il préconise les arts libéraux; et De rerum naturis, encyclopédie du Moyen Âge. Pour lui, les universaux sont «nuda intellecta».
°458) F. CAYRÉ, Précis de Patr., II, p. 377.
°459) De divis. natura, I, 15.
°460) De divis. natura, III, 23.
°461) De divis. natura, I, 12.
°462) De divis. natura, III, 17.
°463) De divis. natura, I, 75.
°464) Le «sensus interior» correspond à la raison abstractive d'Aristote et de saint Thomas.
°465) C'est amoindrir la personnalité de Scot que de lui enlever le titre de philosophe. Cf. DE WULF, Hist. de la Phil. méd., 6e éd., I, p. 136.
°466) F. VERNET, Bérenger de Tours, dans D. T. C., col. 722-742. - F. CAYRÉ, Précis de Patr., II, p. 383-4; nouv. édit., p. 323-325. Bérenger ramenait toute la connaissance à l'expérience sensible qui saisit indivisiblement la substance et l'accident, entre lesquels, par conséquent, il ne voyait qu'une distinction de raison. Appliquée à l'Eucharistie, la théorie aboutissait à la négation de la présence réelle.
°467) DE WULF, Hist. de la Phil. méd., (6e éd.), I, p. 141.
°468) J. LEFLON, Gerbert, 1946; p. 58.
°469) J. LEFLON, Gerbert, 1946; p. 235.
°470) DE WULF, Hist. de la Phil. méd. (6e éd.), p. 144.
°471) Il a écrit un traité De peccato originali: cf. MIGNE, Pat. lat., t. CLX, Col. 1071-1102. - DE WULF, Hist. phil. méd., (6e éd.), I, p. 152-153.
°472) Oeuvres, Fragments, dans MIGNE, Pat. lat., t. 163. - G. LEFÈVRE, Les variations de G. de Champeaux et la question des universaux, Lille, 1898. (Publie les Sententiae vel quaestiones, 47.)
°473) Cet Anselme est l'auteur de la première Somme théologique connue au Moyen Âge; Cf. DE WULF, Hist. phil. méd., (6e éd.), I, p. 247-8.
°474) Traité anon. De gen. et spec., Cf. DE WULF, Hist. phil. méd., (6e éd.), I, p. 177, note 2.
°475) Sententiae, éd. Lefèvre, p. 24; d'après ce texte, Lefèvre parle d'une troisième théorie de G. de Champeaux, celle de la similitude: mais elle ne semble pas se distinguer de la théorie de l'indifférence.
°476) Cette «unique nature» reste encore, ici, un concept vague et obscur, parce qu'elle semble posséder des attributs contradictoires: elle est à la fois multipliée dans les individus, puisqu'elle est réelle; et non multipliée, puisqu'elle est universelle.
°477) C'est-à-dire en dehors de la définition de la nature abstraite, mais pouvant appartenir à la substance concrète.
°478) C'est-à-dire en dehors de toute substance, même concrète, comme la blancheur dans l'homme.
°479) A. CLERVAL, Les écoles de Chartres au Moyen Âge du Ve au XVe siècle, Paris, 1895. J.M. PARENT, La doctrine de la création dans l'École de Chartres, Étude et textes, Paris, 1938.
°480) JEAN DE SALISBURY, Métal., IV, 35.
°481) Edité par W. JANSSEN, dans Der Kommentar des Clarenbaldus von Arras su Boethius (De Trinitate), Breslau, 1926. Clarembaud est un disciple de Thierry de Chartres; cf. DE WULF, op. Cit., p.:86 et 181. Le même réédite des extraits du De sex dierum operibus.
°482) De sex dier., éd. Janssen, p. 108.
°483) M. de Wulf innocente les chartrains de tout panthéisme: il explique les expressions «troublantes» par le vocabulaire de Boèce pour lequel «esse» signifie «essence» et non «existence»: «Il ne s'agit donc que du rapport d'exemplarisme qui établit la gradation entre les essences limitées et Dieu». (Hist. phil. méd., I, p. 184.)
°484) M. DE WULF, Hist. phil. médiév., I, p. 181 et p. 185. Ces réalités créées ressemblent fort au monde des Idées séparées de Platon; cf. plus haut, §41-43, et critique, §46.
°485) In Boet. De Trin., éd. Migne, col. 1374.
°486)
Il écrivit une Philosophia (MIGNE, t. XC, col. 1127-78; t. CLXXII,
col. 39-102) et un Comm. du Timée (Fragments dans COUSIN, Ouvrages
inédits d'Abélard, Paris, 1836, p. 669-77).
H. FLATTEN, Die Philosophie des Wilhelm von Conches, Coblence, 1929.
°487)
Oeuvres, MIGNE, t. CXCIX. Entheticus, par Petersen, 1843. Ed. crit.
du Polticraticus, par J. WEBB, 2 vol., Oxford, 1909; du
Métalogicon, Oxford, 1929; de l'Hist. pontific. par POOLE,
Oxford, 1927.
L. DENIS, La question des universaux d'après J. de Sal., Rev. des
sc. phil. et th., 1927, p. 425-34.
°488) Ainsi appelé parce que son école était près du Petit Pont de la Seine: «On y discutait si le porc conduit au marché est tenu par la corde ou par celui qui le conduit» (DE WULF, Hist. phil. méd., I, p. 216); ces discussions stériles ne sont que la contrefaçon de la scolastique.
°489) Ed. BARACH et WROBEL, Innsbruck, 1876. Cf. GILSON, La cosmogonie de Bern. Silvest. (Arch. d'hist. lit. et doct. du Moyen Âge, 1928, p. 5-24).
°490) C. CAPELLE, Autour du décret de 1210: III. Amaury de Bène. Étude sur son panthéisme formel, Paris, 1932. (Bibl. thom., XVI.)
°491) Ia p., q. 3, a. 8.
°492)
Cf. F. CAYRÉ, Précis de Pat., II, p. 687 et 475.
P. FOURNIER, Étude sur Joachin de Flore, Paris, 1909.
°493) G. THÉRY, Autour du décret de 1210. I. David de Dinant. Étude sur son panthéisme matérialiste, Paris, 2925. (Bibl. thom., VI.)
°494) Ia P., q. 3, a. 8; ALB. MAGNUS, Sum. theol., I, tr. IV, q. XX; Cf. DE WULF, Hist. phil. méd., (6e éd.), I, p. 244.
°495) La même condamnation frappait un certain Maurice d'Espagne en qui Mandonnet (Siger de Brabant, 2e éd., I, p. 17) reconnaît Averroès; cf. Da WULF, Hist. phil. méd., (6e éd.), I, p. 245.
°496) F. PICAVET, Roscelin, philosophe et théologien d'après la légende et d'après l'histoire, 2e éd., Paris, 1911. De Roscelin, on a conservé seulement une Lettre à Abélard: cf. MIGNE, Pat. lat., t. CLXVIII, col. 357.
°497) OTHON DE FREISING, Gesta Frederici imper., I, 47.
°498) En d'autres termes, Abélard, en plus du mot (vox), reconnaît le «nomen» (ou sermo), c'est-à-dire, «un discours mis en rapport avec un contenu signifié, une réalité pensée»: en ce sens, J. de Salisbury l'appelle le fondateur de la «secta nominalis»; mais ce nominalisme est plutôt un «conceptualisme»; Cf. DE WULF, Hist. phil. méd., I, p. 202.
°499) Dialect., éd. Geyer, p. 26.
°500) Cependant, «la tendance actuelle des historiens est plutôt à la réhabilitation d'Abélard», dit M. de Wulf, (Hist. phil. méd., I, p. 209).
°501) Cousin l'a édité parmi les oeuvres d'Abélard.
°502) Voir une analyse de ces oeuvres dans F. CAYRÉ, Précis de Pat., II, p. 394-400.
°503) Dans cet ordre, le Cur Deus homo «est une des oeuvres les mieux pensées qu'ait laissées la spéculation chrétienne». (CAYRÉ, Précis de Pat., II, p. 398.)
°504) Prosl., I. Cf. le sous-titre du Prosl.: «Fides quaerens intellectum».
°505) Cf. DOMET DE VORGES, Saint Anselme, p. 135. M. de Wulf trouve exagérée cette explication et préfère la seconde: cf. Hist. phil. méd., I, p. 173, note 17.
°506) Médit., 19.
°507) «Veritatem rerum esse rectitudinem»: De verit., 7.
°508) De verit., 12.
°509) «Justitia est rectitudo voluntatis propter se servata»: De verit., 12.
°510) Monol., 47: On reconnaît ici la doctrine augustinienne de l'illumination: cf. §165-167.
°511) De libero arbit., 3.
°512) Kant l'appelle «ontologique» par opposition aux preuves cosmologiques, basées sur l'expérience. Cf. Spicilegium Beccense, I, Congrès intern. du IXe Centenaire de l'arrivée d'Anselme au Bec, Paris, Vrin. 1059: L'argument est étudié p. 185-312.
°513) «Dixit insipiens in corde suo: Non est Deus». [Ps 13:1].
°514) Prosl., 2. Cf. DOMET DE VORGES, Saint Anselme, p 270-272.
°515) «Omnia possunt cogitari non esse, praeter id quod summe est»; (Lib. apol., 4).
°516) «Dato quod quilibet intelligat hoc nomine Deus significari "illud quo majus cogitari non potest", non tamen sequitur quod intelligat id quod significatur per nomen esse in rerum natura, sed in apprehensione intellectus tantum. Nec potest argui quod sit in re, nisi daretur quod sit in re aliquid quo majus cogitari non potest». Ia, q. 2, a. 1, ad 2.
°517) «Quae in unoquoque melior est ipsa quam non ipsa» (Monol., c. t5). C'est l'importante distinction, clairement enseignée pour la première fois, entre perfection MIXTE et perfection PURE, permettant de préciser la valeur de notre connaissance de Dieu.
°518) Ainsi la bonté est commune aux trois personnes (ainsi que les oeuvres ad extra comme la création); mais la paternité est propre à la première Personne.
°519) Mot de Gauthier de S. Victor, successeur de Richard; Cf. DE WULF, Hist. phil. méd., I, p. 258. F. CAYRÉ, Patrol., nouv., édit., t. II, p. 401.
°520) Les débuts de l'Université d'Oxford remontent au premier quart du XIIIe siècle, mais l'organisation définitive ne lui fut donnée qu'en 1258. Vers le même temps se fonda aussi en Angleterre l'Université de Cambridge qui resta moins importante.
°521) En un autre sens, c'est la théologie qui tient la première place, car les «arts» ne sont qu'une étape conduisant aux cours supérieurs et la «philosophie qui est le couronnement des arts, n'est qu'une servante de cette reine qu'est la théologie». (F. CAYRÉ, Pr. de Patr., II, p. 466.)
°522) DE WULF, Hist. phil. méd., II, p. 10.
°523) Telle fut l'origine des innombrables Commentaires scolastiques sur la Bible et les Sentences de P. Lombard.
°524) On distinguait deux formes principales: la dispute ordinaire sur un sujet choisi par le maître; et la dispute «de quolibet»: nous en parlerons à propos de saint Thomas; cf. §239-241.
°525) Les grands philosophes scolastiques, sauf de rares exceptions, comme Siger de Brabant [§247], sont aussi des théologiens.
°526) Les constitutions de 1228 le permirent à titre d'exception; peu à peu l'exception devint le régime normal; (cf. CAYRÉ, Pr. de Patrol., II, p. 481).
°527) Compilateur éclectique, Gundisalvi est à la fois docile à l'aristotélisme et au néoplatonisme arabe... On connaît de lui 5 traités: De divisione Philosophiae; De immortalitate animae; De processione mundi; De unitate; De anima (M. DE WULF, Hist. phil. méd., II, p. 63).
°528) Sur tous ces traducteurs et les suivants, cf. M. DE WULF, Hist. phil. méd., II, p. 25-58, avec une très riche bibliographie.
°529) M. DE WULF, Hist. phil. méd., 4e éd., p. 293; il ajoute pourtant dans la 6e éd., qu'«on y relève des méprises» (II, p. 50).
°530) On peut en effet distinguer trois étapes dans la Renaissance: la Renaissance juridique où le droit romain est repris comme base des nouvelles sociétés issues des invasions barbares, au XIe-XIIe siècle; - la Renaissance doctrinale du XIIIe siècle dont nous parlons; - la Renaissance littéraire au XVIe siècle qui s'assimile les conceptions des anciens dans les diverses formes d'art. C'est à cette dernière étape qu'on réserve souvent l'appellation de Renaissance; cf. plus bas, §311.
°531) Les scolastiques appelèrent ainsi Aristote, le philosophe par excellence.
°532) Comme la principale source où les maîtres de ce temps puisaient leur doctrine était S. Augustin, il se forma un grand courant d'«augustinisme» avant tout théologique, mais charriant aussi des éléments de philosophie néoplatonicienne qui traverse tout le XIIIe siècle et fut le principal foyer de résistance à l'influence d'Aristote (cf. plus bas, §250).
°533) Paris était alors le centre de la culture philosophique et théologique et l'évolution des doctrines qu'on y observe est le fidèle reflet de celle de toute la chrétienté latine. Cf. VAN STEENBERGHEN, Siger de Brabant d'après ses oeuvres inédites, 2 vol., 1931-1942, Louvain. Cet ouvrage capital a renouvelé la question et mis au point les conclusions de Mandonnet.
°534) Ni la Logique, ni l'Éthique d'Aristote ne furent jamais prohibées.
°535) La prohibition en effet ne concernait que Paris, si bien qu'en 1229, les maîtres de Toulouse, pour attirer les élèves, se vantent de pouvoir enseigner tout Aristote.
°536) La bulle d'Urbain IV (19 janvier 1263) qui, en confirmant les statuts de Paris, maintient les prohibitions de Grégoire IX, ne semble pas avoir de signification historique spéciale: la formule est gardée, mais l'autorité ecclésiastique n'en urge nullement l'application. Cf. VAN STEENBERGHEN, Siger de Brabant d'après ses oeuvres inédites, II, p. 491.
°537) Averroès n'est guère connu à Paris avant 1230; Cf. VAN STEENBERGHEN, Siger de Brabant d'après ses oeuvres inédites, II, p. 410-412.
°538) Cf. textes dans P. MANDONNET, Siger de Brabant et l'averroïsme latin, 2e éd., I, p. 153-154.
°539) En théologie, ils rejoignent le grand courant augustinien dont nous parlons plus loin, au §250.
°540) Beaucoup d'historiens, à la suite de Mandonnet, parlent à leur sujet d'«augustinisme préthomiste». Mais M. Van Steenberghen a démontré qu'«au plan philosophique, l'augustinisme est inexistant dans la première moitié du XIIIe siècle»; (cf. Siger de Brabant d'après ses oeuvres inéd., t. II, p. 442). Nous réserverons donc l'appellation d'«augustinisme» au courant théologique; cf. plus bas, §250.
°541) Dans le sens philosophique indiqué plus haut, §120.
°542) Cette thèse en particulier sera une occasion d'opposition au thomisme dans la période suivante; cf. plus bas, §250.
°543) Les uns, comme Guillaume d'Auvergne, enseignent que les puissances sont réellement identiques à l'âme, et leur diversité exprime seulement les divers rôles que cette âme peut jouer; (cf. FOREST, La structure métaph. du concret , p. 260); d'autres, comme Alexandre de Halès et saint Bonaventure, enseignent qu'elles sont distinctes sans être des accidents (cf. §277).
°544) Cf. HERTZ, Les rapports entre la phil. et la Foi, p. 93.
°545) Sur ces deux auteurs, cf. M. DE WULF, Hist. phil. méd., II, p. 70-74.
°546) M. DE WULF, Hist. phil. méd., II, p. 85-88.
°547) Sur Guillaume d'Auvergne, cf. M. DE WULF, Hist. phil. méd., II, p. 74-83.
°548) M. H. LAURENT, Le Bienheureux Innocent V (Pierre de Tarentaise) et son temps, Rome, 1947.
°549) M. DE WULF, Hist. phil. méd., II, p. 202.
°550) Sur ces deux auteurs, cf. M. DE WULF, Hist. phil. méd., II, p. 104-111.
°551) Elles furent écrites et publiées de 1245 à 1257 selon Mandonnet (Siger de Brabant, I, p. 61) ou selon Pelster, terminées vers 1270: cf. M. DE WULF, Hist. phil. méd., II, p.131.
°552) Il s'agit des 15 propositions averroïstes dont 13 furent condamnées en 1272: cf. §250.
°553) Un extrait de ce Comm. attribué à tort à saint Thomas, forme l'opuscule De pulchro.
°554) Phys., Livre 1, tr. I, ch. 1.
°555) M. DE WULF, Hist. phil. méd., II, p. 132.
°556) Par exemple, il corrige Aristote, qui prétend que l'anguille se nourrit de vase: «J'ai vu comment elle dévorait une grenouille, des vers, des morceaux de chair de poisson et comment on pouvait la pêcher à la ligne avec des appâts de cette espèce». (GARREAU, S. Albert le Grand, p. 206.)
°557) Ce fut seulement au XXe siècle par un acte de Pie XI (16 déc. 1931) qu'Albert fut canonisé et reçut le titre de Docteur de l'Église.
°558) À l'occasion de cet exposé, nous parlerons de plusieurs auteurs secondaires, augustiniens et averroïstes.
°559) Il est né «avant le q Mars 1225, soit au début de cette année, soit à la fin de 1224». (CAYRÉ, Pr. de Patrol., II, p. 527): c'est la date défendue par Mandonnet, Rev. thom., 1914, p. 652-662.
°560) Cf. §233. D'après le P. Mandonnet, Albert était à Paris depuis 1240 et de 1243 à 1248, il y enseigne comme «Magister actu regens»: cf. Rev. thomiste, t. XXX, p. 497-523.
°561) SJJ: Attention, de nos jours, le Baptême est souvent perçu comme une simple aspersion involontaire et superficielle avec un peu d'eau, sans transformation et regénération profonde et bénéfique. Alors cette expression métaphorique n'a pas la même connotation pour tous les lecteurs. Bien sûr, Thonnard prend cette métaphore dans le sens fort, libérant et positif.
°562) En 1250, il refusa la dignité d'Abbé du Mont Cassin, puis l'évêché de Naples que lui offrit le Pape sur la demande de ses parents.
°563) GUIL. DE TOCCO, Vita S. Thomae, ch. III, (Boll., p. 661, No. 15).
°564)
Éd. par BRUNETEAU, intr. et notes, 1914.
Éd. critique et Comment. par ROLLAND-GOSSELIN, (Bib. thom. vin), Kain, 1926.
Dans les éd. compl., op. 26 (2e sér., cf. sur ce point, F. CAYRÉ,
Pr. de Patr., II, p. 546). Le De Ente fut écrit vers 1252,
ou, selon d'autres, en 1256. Il jouit d'une grande estime
dans l'école; Cajetan en écrivit en 1491, un célèbre Commentaire, à
la fois pour bien saisir la pensée du maître et pour la défendre contre les
scotistes: cf. S. Thomae opusculum De Ente et essentia, commentariis
Cajetani illustratum (avec De nominum analogia de Cajetan),
éd. De Maria, Rome, 1907.
°565) Voir l'analyse de cet ouvrage dans F. CAYRÉ, Pr. de Patr., II, p. 539-540.
°566) P. MANDONNET, Rev. sc. phil. et théol., 1927, p. 13. Cette fréquence était motivée par les grèves des maîtres séculiers: cf. plus bas, §241. Les «disputes ordinaires» se tinrent ensuite tous les 15 jours.
°567) L'âme humaine, (p. 279 et passim.)
°568) Saint Thomas en rédigea, dès 1256, une 1re édition en quelques jours, au chapitre d'Anagni où il avait été appelé pour défendre les religieux devant le Pape Alexandre IV (1254-1261) contre Guil. de Saint-Amour qui intriguait, non sans succès, à la cour pontificale. Mais l'ouvrage ne fut mis au point qu'en 1257.
°569) D'où leur nom: «Disputatio de quolibet» ou «quodlibet».
°570) Cf. MANDONNET, S. Thomas créateur du «Quodlibet», (Rev. sc. phil. et théol., 1926, p. 477-506; et 1927, p. 5-38). Selon cet auteur, tous les quodlibets furent tenus à Paris, savoir: durant le 1er séjour (1256-1259) les quodlib. 7-11; durant le 2e séjour, (1269-1272) les quodl. 1-6 et 12. Cf. aussi CAYRÉ, Pr. de Patr., II, p. 545.
°571) D'après Mandonnet (loc. cit. °570), le doctorat de saint Thomas est du début de 1256: il enseigna comme Magister actu regens de 1256 à 1259; le Comment. des Sentences (1255-57) durait 2 années, la 3e du baccalauréat et la 1re du doctorat.
°572) Clément IV résidait à Viterbe; mais sur la demande de Charles d'Anjou, roi des Deux-Siciles, il envoya saint Thomas enseigner 2 ans à Rome (1265-67); cf. F. J. THONNARD, Saint Thomas, p. 88.
°573) Par exemple, In VIII Physicorum, lec. 2, où il réfute les raisons d'Aristote en faveur de l'éternité du monde, (cf. plus haut, §79); et In XII Metaph., lec. 12, où, après avoir clairement exposé le texte d'Aristote démontrant que Dieu ne connaît que soi-même et pas le monde, il le corrige en montrant que «Deus cognoscendo seipsum, omnia cognoscit»; (cf. plus haut, §93).
°574) Les traités De articulis fidei et sacramentis et De rationibus fidei (cont. Graecos, Armenos et Saracenos), écrits à la même époque, ont le même objet.
°575) On en trouve les éléments, non seulement dans la «Somme contre les Gentils», mais en divers opuscules et dans la «Somme théologique», au traité de la Foi (Ia-IIae, q. 1-16) où sont examinés les rapports entre la foi et les motifs de crédibilité.
°576) Voir une analyse plus complète dans F. CAYRÉ, Pr. de Patr., II, p. 551-566; nouv. éd., p. 519-530.
°577) Ce sont les doctrines où l'effort de la philosophie païenne avait échoué: cf. §141.
°578) «Philosophie chrétienne» exprime ainsi une double connexion entre Foi et raison: 1) subjective, dans l'esprit du philosophe chrétien éclairé de lumières surnaturelles pour mieux voir les vérités naturelles; 2) objective, dans les thèses propres à la philosophie chrétienne qui approfondit de préférence les doctrines de métaphysique, de théodicée, de psychologie et de morale contenues dans la Révélation. Cf. MARITAIN, [b49].
°579) Quoi qu'il en soit de la notion spéculative qui restera toujours assez imprécise, l'existence de «philosophies chrétiennes» au sens indiqué, est un fait incontestable dont notre histoire devait tenir compte.
°580) Tel est le sens défendu par Blondel, [b49].
°581) Pour les trois textes, cf. In Boetium De Trinitate, q. II, a. 3.
°582) La Somme contre les Gentils réalise spécialement le 3e rôle, et aussi le premier; la Somme théologique, à son tour, réalise parfaitement le 2e et le 3e rôle, avec ses 3113 articles dont chacun répond à plusieurs objections (de 2 à 6).
°583) Certainement authentique jusqu'au milieu du livre 2; le reste fut rédigé, semble-t-il, à l'aide de matériaux rassemblés par saint Thomas, par Barthélemy (ou Ptolémée) de Lucques (1245-1327).
°584) Cf. IIa-IIae, q. 78: si l'argent, dit saint Thomas, ne rapporte rien à l'emprunteur, celui-ci ne doit rien rendre de plus à son propriétaire: car l'assistance mutuelle est un devoir essentiel de la sociabilité. Il ne faudrait pas d'ailleurs appliquer telle quelle cette solution aux conditions économiques actuelles, très différentes du Moyen Âge. Voir Précis de philosophie, §1289, etc.
°585) Sur tous ces Commentaires, cf. F. CAYRÉ, Préc. de Pat., II, p. 548-551.
°586) Saint Matthieu date de 1261-62; les trois autres de 1265-67.
°587) Ce fut pour remplacer un maître malade que saint Thomas reçut brusquement, en novembre 1268, l'ordre de se rendre à Paris (où il arriva en janvier 1269); mais les supérieurs 1'y maintinrent trois ans à cause de la gravité des circonstances.
°588) Gérard d'Abbeville mourut en 1271 et Guillaume de Saint-Amour, en 1272.
°589) Ce problème préoccupait les philosophes chrétiens depuis quelque temps déjà; c'est ainsi que la pape Urbain IV avait dès 1256 demandé à S. Albert le Grand de l'élucider devant les cardinaux de la curie pontificale. Mais l'opuscule De unitate intellectus contra Averroem, fruit de cette conférence, ne fait pas encore allusion à une erreur actuellement enseignée dans les écoles où l'averroïsme ne surgit que 10 ans plus tard.
°590) M. DE WULF, Hist. phil. méd., II, p. 185-186.
°591) Ils furent associés à Siger dans la condamnation de 1277.
°592) VAN STEENBERGHEN, Siger de Brabant d'après ses oeuvres inédites, II, p. 551-564.
°593) VAN STEENBERGHEN, Siger de Brabant d'après ses oeuvres inédites, II, p. 600.
°594) VAN STEENBERGHEN, Siger de Brabant d'après ses oeuvres inédites, II, p. 610.
°595) «Aujourd'hui, disait S. Thomas, une vieille femme (vetula) parmi les chrétiens en sait plus long sur Dieu et sur l'âme que tous les philosophes païens réunis».
°596) Il reprend ces preuves dans la Somme, Ia, q. 76, a. 2.
°597) Dans la première partie de la Somme (q. 79, a. 5), écrite en Italie, il avait démontré que chaque homme possède son intellect agent; il ne se retracte pas ici, mais il ménage l'opinion de certains augustiniens, comme Roger Bacon, identifiant l'Intellect agent avec Dieu.
°598) Cette théorie était effectivement défendue par Averroès qui admettait même trois vérités indépendantes; cf. plus haut, §191.
°599) Le Père Mandonnet considérait cet opuscule comme un manifeste auquel S. Thomas aurait répondu par son De unitate intellectus. Les historiens ont démontré au contraire qu'il était la réponse à l'opuscule thomiste paru le premier. Cf. VAN STEENBERGHEN, Siger de Brabant d'après ses oeuvres inédites, II, p. 552-554.
°600) Le 10e est perdu ou n'a pas été écrit.
°601) De anima intel., ch. III.
°602) Une meilleure connaissance des oeuvres de Siger permet ici de corriger le jugement du Père Mandonnet (Sigier de Brab., I, p. 179) qui considérait ces affirmations comme des formules sans valeur.
°603) VAN STEENBERGHEN, Siger de Brabant d'après ses oeuvres inédites, II, p. 693.
°604) VAN STEENBERGHEN, Siger de Brabant d'après ses oeuvres inédites, II, p. 695.
°605) Cf. Quaestiones in III De anima; VAN STEENBERGHEN, Siger de Brabant d'après ses oeuvres inédites, II, p. 657-661.
°606) Cf. F. CAYRE, Précis de Patr., II, p. 353. «S'il n'y a pas un augustinisme au sens strict, soit de système général complet, soit de corps doctrinal philosophique, il y a un augustinisme large consistant dans l'esprit théologique de S. Augustin et de ses disciples... Cet esprit s'appuie sur les grandes thèses familières à S. Augustin, qu'elles lui viennent du platonisme ou d'une influence chrétienne:
1. rôle fondamental de l'idée de Dieu dans toute la spéculation,
philosophique aussi bien que théologique;
2. doctrine exemplariste, permettant de remonter à Dieu par les
créatures dont il est l'éternel exemplaire;
3. droits de Dieu toujours affirmés dans le gouvernement providentiel
des créatures;
4. mysticisme ou insistance sur la possibilité pour l'homme d'atteindre
ici-bas par la sagesse à une union affective qui comporte une certaine vision
de Dieu;
5. moralisme décidé, affirmant pour l'homme l'obligation d'agir avec la
grâce jusqu'à la totale soumission à celle-ci».
°607) Les deux dernières propositions ne furent pas condamnées, on ne sait sous quelle influence.
°608) «Le maître gantois n'est ni thomiste, ni augustinien, mais un penseur éclectique et personnel» dit M. DE WULF, Hist. phil. méd., II, p. 303.
°609) Sur ces deux auteurs, cf. Hist. phil. méd., II, p. 293-303.
°610) Vaste composition, divisée en 23 parties, écrite pour l'éducation privée du prince Gui de Hainaut; cf. M. DE WULF, Hist. phil. méd., II, p. 305-308.
°611) Plusieurs d'augustiniens distinguaient les deux sciences, mais insistaient sur le rôle de servante imposé à la philosophie; et ils tendaient à lui refuser le titre de «science parfaite» que lui reconnaissait S. Thomas.
°612) Les augustiniens accepteront en effet sans difficulté le canon du Concile de Vienne en Dauphiné (1311) ainsi conçu: «Quod si quisquam deinceps asserere, defendere seu tenere pertinaciter praesumpserit, quod anima rationalis seu intellectiva non sit forma corporis humani per se et essentialiter, tamquam hereticus sit censendus». Cf. M. DE WULF, Hist. phil. méd., II, p. 238; (4e éd., p. 386) et plus bas, §282.
°613) Edition spéciale par Hedde, avec Introd. et notes, Paris, 1902.
°614) Selon Van Steenberghen, les questions De spiritualibus creaturis sont de fin 1268, et celles Da anima, du début de 1269 (Siger de Brabant d'après ses oeuvres inédites, II, p. 541 et 543).
°615) VAN STEENBERGHEN, Siger de Brabant d'après ses oeuvres inédites, II, p. 541 et 548-550.
°616) Ces questions regardaient, en particulier, la théorie astronomique des sphères célestes, dont les averroïstes, après les arabes, faisaient si grand cas (cf. plus haut, §77 et §93, §184 et §249). Aristote enseignait que les sphères étaient mues par des Intelligences ou formes séparées, que les interprètes chrétiens identifiaient avec les anges; aussi demandait-on: «An angeli sint motores corporum caelestium» (art. 3). Les mêmes questions reviennent dans un opuscule de la même époque (1271): «Responsio ad lectorem Venetum de articulis XXXVI»; S. Thomas y déclare: «Mihi videtur quod demonstrative probari possit, quod ab aliquo intellectu corpora calestia moveantur, vel a Deo immediate, vel mediantibus angelis, sed quod mediantibus angelis ea moveat, magis congruit rerum ordini» (art. 2). Réponse pleine de sagesse qui ne semble pas surestimer la valeur de ces théories.
°617) Saint Thomas y rassemble toute la doctrine autour des trois vertus théologales; il a traité seulement De fide et Spe.
°618) D'après P. Mandonnet. Cf. Revue august., novembre 1910, t. XVII, p. 610-623.
°619) Théonas, p. 138.
°620) Pourtant, P. Duhem a écrit du thomisme: «La vaste composition.., se montre à nous comme une marqueterie où se juxtaposent, nettement reconnaissables et distinctes les unes des autres, une multitude de pièces empruntées à toutes les philosophies du paganisme hellénique, du christianisme patristique, de l'islamisme et du judaïsme» (Le système du monde, t. V, p. 589); cf. Dict. apol. art. Thomisme, col. 1694; A. d'Alès ajoute: «Ce jugement trahit quelque précipitation. La vérité apparaît autre si, au lieu de s'en tenir à l'inventaire des sources, on prend la peine d'éprouver la trame du développement. On constate aussitôt que saint Thomas transforme tout ce qu'il touche». (Ibid.)
°621) Cf. Opusc. Contra errores graecorum, prolog.
°622) In lib. II De caelo et mundo, lect. 17. Remarque semblable dans la Somme: Ia, q. 32, a. 1, ad 2.
°623) Cf. Resp. de art. XXXVI; plus haut, §250.
°624) Telle sera la méthode de Descartes: cf. plus bas, §323.
°625) In lib. I Met., lectio I; Cf. P, MANDONNET, Sigier de Brabant, p. 145.
°626) Ia, q. 1, a. 8, ad 2.
°627) En s'appropriant ce principe, saint Thomas le repense et en transforme la portée; sa «vision du monde», son intuition fondamentale n'est plus physique, mais métaphysique (ce qui lui permet de corriger et d'achever le système aristotélicien). Mais c'est en se mettant au point de vue purement objectif de la vérité qu'il est conduit à cet aspect métaphysique où le réel est pleinement intelligible, soit parce qu'il est Dieu, soit parce qu'il est une participation de Dieu. Cette vue centrale du thomisme synthétise ainsi la participation platonicienne et le réalisme modéré d'Aristote. (Cf. FOREST, La structure mét. du concret, p. 321 et 324-328).
°628) II Cont. gent., ch. 98.
°629) Ia, q. 4, a. 2., ad. 3.
°630) Cf. De ente et essentia, ch. 2, avec le Comment. de Cajetan, éd. De Maria, p. 7.
°631) Cf. In lib. III Met., lec. I. - La synthèse thomiste au point de vue critique a été faite par MARÉCHAL, Le point de départ de la métaphysique, cah. IV, Le thomisme en face de la philosophie critique. Louvain-Paris, 1926.
°632) Cf. ROUSSELOT, L'intellectualisme de saint Thomas.
°633) L'appellation vient des disciples de saint Thomas, mais la doctrine est très clairement établie par le Maître, par ex. Ia, q. 13 toute entière. Cf. PENIDO, Le rôle de l'analogie en théologie dogmatique (Bib. thomiste, XV), Paris, 1931.
°634) Cf. la belle synthèse de SERTILLANGES, Saint Thomas, 2 vol.
°635) Il s'agit des sens et de l'expérience externe.
°636) L'intuition au sens strict exige que la connaissance soit immédiate et qu'elle atteigne un objet réel en tant qu'existant actuellement: si l'une ou l'autre de ces deux conditions fait défaut, il n'y a qu'une intuition au sens large. Cf. plus bas, §540.
°637) Ce sera la théorie de Descartes. Cf. plus bas, §325-327.
°638) Dans l'âme séparée du corps, cette intuition du moi, (même quant à l'essence) devient l'objet propre et fondamental de l'activité intellectuelle. Cf. Ia, q. 87 (âme unie au corps) et 89 (âme séparée).
°639) Cette première étape, si on y ajoute la théorie du réalisme modéré, sans construire ex professo la science critériologique, comme fera le Cardinal Mercier, en contient déjà les éléments essentiels.
°640) En fait, on y arrive rarement comme l'indique la quatrième étape.
°641) Ia, q. 2, prol.
°642) Cf. Ia, q. 66, a. 3: exposant diverses opinions sur le «caelum empyreum»: «Hae rationes non sunt multum cogentes», dit-il.
°643) Ia, q. 13, a. 11.
°644) Théorie de la prémotion physique, ainsi appelée plus tard, surtout par opposition au molinisme (concours simultané). Cf. plus haut, la théorie augustinienne (§168).
°645) Saint Thomas n'a pas été le premier à défendre cette thèse de la distinction réelle entre essence et existence; mais il lui a donné en sa philosophie un rôle exceptionnel, dans l'explication des rapports entre Dieu et le monde: aussi l'a-t-on justement nommée la «vérité fondamentale de la philosophie chrétienne». - Cf. l'ouvrage de N. DEL PRADO: La Vérité fondamentale de la philosophie chrétienne.
°646) Sur l'origine du pouvoir selon saint Thomas, cf. plus haut, §245.
°647)
SJJ: Malheureusement, le nouveau Code de droit canonique a presque envoyé
saint Thomas d'Aquin aux oubliettes. Le Canon 252.3 ne parle que des cours de
théologie des séminaristes, «ayant principalement saint Thomas pour maître».
Et bien sûr, dans les facultés de théologie et de philosophie supposément
catholiques, le docteur Angélique est vraiment rendu dans les oubliettes! Pas
surprenant que l'Église soit si mal en point!
Voir aussi:
Pourquoi
saint Thomas d'Aquin?
et
Saint
Thomas d'Aquin, Docteur commun de l'Église
°648) SJJ: Thonnard écrit ceci vers le milieu du XXe siècle. Lui et ses copains néo-thomistes (Maritain, Sertillanges, etc.) ont-ils réussi à «justifier et donner leur pleine valeur aux sciences nouvelles»? Selon moi, oui, mais on ne lit plus ce genre de livres, alors peu de gens le savent!
°649) Cf. Encyclique: «Studiorum ducem», de Pie XI, 29 Juin 1923.
°650) Outre les traductions dont nous avons parlé [§232] R. Grossetête est l'auteur d'un grand nombre d'opuscules traitant de questions physiques, psychologiques et métaphysiques. Son estime pour les mathématiques, «ses doctrines cosmographiques et astronomiques sur la formation de l'univers et sur le mouvement des planètes et des comètes; son projet de réforme du calendrier; ses travaux sur la perspective, les couleurs, l'arc-en-ciel, les marées, la chaleur, l'acoustique font de Robert un des plus remarquables hommes de science de son temps» (M. DE WULF, Hist. phil. méd., 6e éd., t. I, p. 89). En tout cela, Bacon s'inspire de son maître. Signalons aussi sa doctrine sur la lumière qu'il considère comme la première forme corporelle et dont il étudie les diverses activités qu'il appelle «species», comme le fera aussi Bacon.
°651) Ainsi, vers 1240, «R. Grossetête invite les théologiens d'Oxford à suivre dans leurs leçons l'ordre adopté à Paris» (M. DE WULF, Hist. phil. méd., 6e éd., t. I, p. 18).
°652) Il nous reste aussi quelques oeuvres de jeunesse: Comment. sur les Physiques et la Métaph. d'Aristote, et sus le Liber de causis, fruits de son enseignement comme Maître ès-arts.
°653) On a dit que Bacon fut condamné à l'incarcération (cf. Hist. phil. méd., 6e éd., t. I, p. 270). Cependant Delorme écrit: «L'emprisonnement de quatorze ans que d'aucuns lui font subir est une pure fable, puisqu'il ne repose sur rien» (Dict. th. cat., art. Bacon, col. 10).
°654) Par exemple, l'opuscule intitulé «Metaphysica de vitiis contractis in studio theologiae».
°655) Il aurait dû, semble-t-il, s'accorder sur ce point avec saint Albert le Grand; mais il lui reproche de n'avoir pas compris Aristote.
°656) Nous n'avons plus cette carte, mais il reste dans l'Opus majus les explications qu'en donnait Bacon.
°657) Dict. th, cathol., art. Bacon, col. 17.
°658) Tel est précisément le caractère de la philosophie moderne, si opposée d'esprit à la scolastique; cf. plus bas, §313.
°659) Cf. plus haut, §232bis et §250. C'est là peut-être une des causes de son opposition à l'école albertino-thomiste.
°660) Opus majus, 2e part.; édit. Brewer, III, p. 33.
°661) M. DE WULF, Hist. phil. méd., II, p. 274.
°662) Opus tertium; édit. Brewer, p. 126.
°663)
M. DE WULF, Hist. phil. méd., II, p. 277. Cependant, CARTON
(L'expér. mystique chez R. Bacon, p. 69), pense qu'il s'agit déjà d'une
illumination spéciale.
SJJ: La citation de DE WULF est bizarre. «celle-ci ait une efficace»? Il
faudrait vérifier dans le livre de De Wulf (C'est tel quel dans Thonnard).
°664) Ces illuminations sont d'ordre surnaturel, selon CARTON (cf. L'expérience myst. d'après R. Bacon, p. 35-39). - «Nous ne suivons pas Carton jusque là», dit DE WULF, Hist. phil. méd., II, p. 279, note 10.
°665) Opus majus, pars Ia, ch. VI, éd. Brewer, p. 168.
°666) «Il apporte, dit Delorme, un soin scrupuleux à éviter que sa physique se confonde avec la divination, sa chimie avec l'alchimie, son astronomie avec l'astrologie» " (Dict. th. cat., art. Bacon, col. 18.).
°667) Dict. th. cat., art. Bacon, col. 17. Les «species» sont pour Bacon comme pour R. Grossetête, les influences réciproques des corps et spécialement les influences lumineuses. Bacon n'admettait pas que la propagation de la lumière fût instantanée.
°668) BRÉHIER, Hist. de la Phil., I, p. 697.
°669) M. DE WULF, Hist. phil. méd., II, p. 272.
°670) M. DE WULF, Hist. phil. méd., II, p. 281.
°671) Cf. plus haut, §232bis et F. CAYRÉ, Préc. de Pat., II, p. 494 (nouvelle éd. p. 449).
°672) Il fut reçu Docteur en 1253 et occupa la chaire franciscaine à Paris de 1253 à 1257; mais en cette dernière année, après la persécution des séculiers, il fut reçu une seconde fois Docteur, en même temps que saint Thomas. Cf. M. DE WULF, Hist. phil. méd., II, p. 113.
°673) Voir dans F. CAYRÉ, Préc. de Pat., II, p. 497-501; nouv. édit., p. 459-464, une analyse de toutes les oeuvres de saint Bonaventure.
°674) Cf. plus haut, §159. Saint Thomas accueille aussi les Idées exemplaires, mais sans leur donner la même importance et en distinguant leur causalité de la cause efficiente. Saint Bonaventure, comme saint Augustin, réunit dans l'Idée la causalité formelle extrinsèque (exemplaire) et la causalité efficiente (participation).
°675) Cf. plus bas, §279, comment nous avons l'intuition ou plus exactement la «contuition» de Dieu.
°676) Cette première voie que saint Bonaventure juge de fort peu de valeur en comparaison des deux autres, constitue au contraire la méthode propre de saint Thomas: les cinq voies (Ia, q. 2, a. 3) se fondent toutes sur les vestiges de Dieu.
°677) I Sent., dist. 3, Ia P., q. II, concl.
°678) Ce que saint Augustin appelle «mens» et Plotin «νοὖς».
°679) I Sent., dist. 8, Ia P., a. 1, q. II, concl.
°680) I Sent., dist. 8, Ia P., a. 2, q. I, concl.
°681) I Sent., dist. 39, q. I, fund. 2.
°682) I Sent., dist. 39, a. 1, q. IV, concl.
°683) Cette manière de voir semble due à l'influence du dogme de la Sainte Trinité où le Verbe de Dieu, Vérité subsistante et parfaite similitude du Père, est précisément le fruit de l'acte générateur du Père. Comme théologien, saint Bonaventure rattache la doctrine de l'exemplarisme à la deuxième Personne de la Sainte Trinité (Cf. BISSEN, L'exemplarisme div. selon s. Bonav., sect. B, p. 101 sq.).
°684) Saint Bonaventure affectionne cette image de la lumière pour exprimer la connaissance, spécialement l'intelligence; mais il ne faut pas, semble-t-il, y ajouter plus d'importance qu'à une métaphore.
°685) I Sent., dist. 31, IIa P., a. 1, q. I, ad 3.
°686) I Sent., dist. 39, a. un., q. II, ad 2.
°687) Brevil., Ia P., c. 8. Cette notion de «similitude hors du genre» s'éclaire en théorie thomiste par la distinction entre perfections pures qui sont en Dieu formaliter eminenter, grâce à leur analogie; et perfections mixtes, univoques, qui ne sont en Dieu que virtualiter eminenter. Ce qui fait difficulté, c'est que la similitude exigée par l'Idée est formelle en sorte que les Idées divines doivent exprimer chaque perfection créée univoquement. Mais si Dieu possède formellement ces perfections mixtes, c'est uniquement dans l'ordre de la connaissance, par l'intermédiaire de son essence . Saint Thomas l'explique par la notion d'imitabilité, Saint Bonaventure, par celle de similitude hors du genre.
°688) In Hexaëmeron, col. 12, n. 3.
°689) I Sent., dist. 27, P. II, a. un., q. 2, concl.
°690) Saint Thomas dans le De Verit., q. 3, a. 3, ad 3m, dit aussi: «Aliquid potest dici exemplar ex hoc quod ad ejus imitationem potest aliquid fieri, etiamsi numquam fiat». Mais dans la Somme, Ia, q. 15, a. 3, il réserve le terme d'«exemplar» à l'idée directrice de son action «secundum quod se habet ad omnia quae a Deo fiunt secundum aliquod tempus».
°691) I Sent., dist. 35, a. un., q. IV, concl.
°692) Saint Thomas au contraire, définissant la matière première comme une puissance pure incapable d'exister sans la forme, dira que Dieu n'a pas d'Idée spéciale de la matière seule, mais du composé; cf. De Verit., q. 3, a. 5, ad 7.
°693) II Sent., dist. 1, Ia P., q. II, concl.
°694) GILSON, La philos. au Moyen Âge, I, p. 155.
°695) Par cette thèse, saint Bonaventure prenait l'extrême opposé de l'averroïsme qui défendait la nécessité d'un monde éternel, tandis que saint Thomas, prenant une voie moyenne, établissait que l'éternité du monde n'est ni nécessaire, ni impossible. (cf. plus haut, §249-250). Le docteur angélique n'ignorait aucune des raisons invoquées par S. Bonaventure; il les examine explicitement et en donne la solution: cf. S. Theol., Ia, q. 46, a. 1 et 2; S. C. Gent., lib. II, c. 34 et 37; voir aussi SERTILLANGES, S. Thomas, I, p. 279-292.
°696) À savoir, pour saint Thomas, l'actualité de l'essence qui, par rapport à l'existence, joue le rôle de puissance et de cause matérielle; - et pour saint Bonaventure, l'actualité incomplète de la matière qui, par rapport à la forme, joue le même rôle de puissance et de cause matérielle.
°697) Saint Thomas, (Ia, q. 75, a. 6) reconnaît la valeur de cette preuve et se l'approprie.
°698) Telle est, en thomisme, la notion même des rapports entre puissance et acte; si saint Thomas est plus sobre dans l'application du principe, il n'en conteste pas la valeur.
°699) Ainsi, dans les êtres corporels, la passivité et la corruptibilité d'une part, l'activité d'autre part, exigent matière et forme.
°700) Il y a là une sorte de distinction intermédiaire entre la distinction réelle et celle de raison, qui fait prévoir la distinction «formelle (a parte rei)» de Duns Scot.
°701) GILSON, La phil. de saint Bonaventure, p. 332.
°702) Analyse du De Trinitate dont s'inspire saint Bonaventure.
°703) Cf. F. CAYRÉ, Préc. de Pat., II, p. 508-9.
°704) C'est ce que saint Bonaventure appelle la «contuition» de Dieu: cf. §279.
°705) La lumière de la Foi qui affermit la raison philosophique, est elle-même achevée par la contemplation mystique.
°706) Cf. §165: l'illumination exclut l'innéisme.
°707) GILSON, La phil. de saint Bonaventure, p. 357.
°708) GILSON, La phil. de saint Bonaventure, p. 385.
°709) Cf. plus haut, §151. On peut rapprocher aussi la contuition de la connaissance indirecte du moi enseignée par saint Thomas. Dieu en effet est présent en chaque intellection «per contactum virtutis», par son action, sa prémotion physique toujours requise et qui est précisément l'illumination augustinienne. Ce «contact» permettrait, selon saint Bonaventure, de connaître Dieu en son âme, à la façon dont celle-ci se connaît soi-même dans la conscience par «simple réflexion» de forme intuitive.
°710) Saint Bonaventure appelle ces principes, comme Aristote et saint Thomas, la «syndérèse».
°711) De scientia Christi, q. IV, fund. 29.
°712) Cf. BISSEN, Exemplarisme divin selon saint Bonaventure, p. 284.
°713) Cf. In Hexaëm., col. 5 et 6.
°714) Cf. In Hexaëm., col. col. 5, No. 10.
°715) III Sent., dist. 23, a. 2, q. V, ad. 6
°716) Tel fut précisément le travail parfaitement accompli par le thomisme.
°717) Sur tous ces auteurs, cf. M. DE WULF, Hist. phil. méd., II, p. 219-251.
°718) E. LONGPRÉ, Mathieu d'Aquasparta (Dict. théol. cat., col. 375-389).
°719) E. HOCÉDEZ, Richard de Midleton. Sa vie, ses oeuvres, sa doctrine, Louvain, 1925.
°720) F. CALLAEY, Olieu ou Olivi (Dict. théol. cat., col. 982-991).
°721) Cf. plus haut, §250; Olivi eut pour disciple PIERRE DE TRABIBUS (fin XIIIe siècle).
°722) Sur tous ces auteurs, cf. M. DE WULF, Hist. phil. méd., II, p. 202-218.
°723) DE WULF, Hist. phil. méd., II, p. 282-292.
°724) DE WULF, Hist. phil. méd., II, p. 310.
°725) En ce sens du moins, selon de Wulf (Hist. phil. méd., II, p. 313), «que la raison montre aux contradicteurs de la Foi qu'ils ont tort de la rejeter».
°726) «Le fond de la philosophie de Lulle est l'augustinisme mis au service d'une apologétique» (de Wulf, Hist. phil. méd., II, p. 313).
°727) On en a contesté l'authenticité (cf. LONGPRÉ, La phil. du Bx. D. Scot), mais «des critiques récents tendent à les remettre en honneur», dit de Wulf (Hist. phil. méd., II, p. 334).
°728) Cette critique n'est donc pas destinée à détruire: «Duns Scot est un esprit éminemment constructeur», dit F. CAYRÉ, Préc. de Pat., II, p. 643.
°729) On pourrait illustrer ces conséquences par les équations suivantes:
Absolu = qui se comprend par soi = a un mode d'être déterminé et fixe = univoque. Relatif = qui se comprend par un autre = a un mode d'être variable, fonctionnel = analogue.
°730) La théorie des «formalitates», dit M. de Wulf, plonge dans le passé; on en trouve des traces, par exemple, chez Henri de Gand, même saint Bonaventure. L'originalité de Scot a été d'en faire «un des pivots» de son système. (Hist. phil. méd., II, p. 318-319.)
°731) L'univocité scotiste, dit Gilson, est la négation radicale du panthéisme. (Esprit de la phil. méd., II, p. 61.)
°732) Cette troisième haeccéité semble n'être que la réunion des deux précédentes.
°733) Il développe cette thèse, comme les autres scolastiques, à propos du mystère de l'Union Hypostatique: entre la nature humaine possédant sa personnalité créée, et celle de J.-C., la seule différence, selon lui, est que l'union au Verbe divin a enlevé à cette nature individuelle son «absence de dépendance».
°734) Ces critiques de Scot contre l'abstraction dépendent de sa thèse sur l'haeccéité et restent inefficaces contre la théorie thomiste bien comprise, selon laquelle l'intelligence connaît vraiment l'individuel, mais indirectement: «per quamdam reflexionem»: cf. Ia, q. 86, a. 1.
°735) M. DE WULF, Hist. phil. méd., II, p. 346.
°736) «Potest colorari illa ratio», dit-il. (In Sent., t, d. 2, q. II.)
°737) De primo princ., ch. IV, 24; cf. DOMET DE VORGES, Saint Anselme, p. 296.
°738) P. RAYMOND, dans Dict. de théol. cath., art. Duns Scot, col. 1866, écrit : «Son nom est honoré d'un culte public et immémorial à Nole, en Hongrie, à Cologne, en Espagne, et les temps semblent proches où la cour romaine va daigner le sanctionner de sa haute autorité».
°739) Ajoutons que pour donner une appréciation complète, il ne faut pas oublier que Scot est avant tout théologien. «Sa philosophie, dit F. CAYRÉ, est toute ordonnée à la théologie, et celle-ci est remarquable non seulement par la synthèse particulière qu'elle présente, mais encore et surtout à cause du rôle historique tenu par ses défenseurs dans l'élaboration définitive de quelques doctrines importantes». (Pr. de Patr., II, p. 648.)
°740) «La philosophie du XIVe siècle est manifestement une étape vers la philosophie dite moderne qu'elle prépare et annonce». F. CAYRÉ, Pr. de Patr., II, p. 659, note 2.
°741) L'histoire de l'âne se laissant mourir entre deux bottes de foin de quantité et de qualité égales n'est pas dans les écrits de Buridan. «peut-être s'en est-il servi dans ses leçons orales, pour montrer la différence entre l'acte libre de l'homme et l'acte nécessité de la bête», à moins qu'elle n'ait été inventée par les contemporains, pour ridiculiser la théorie. DE WULF, Histoire de la philosophie médiévale, 4e éd., p. 527.
°742) SALEMBIER, Gerson (Dict. théol. Cat., col. 1313-1330). - F. CAYRÉ, Pr. de Patr., II, p. 682-684 et 704-706.
°743) Quelques-uns cependant furent infidèles au thomisme: ainsi DURAND DE SAINT-POURÇAIN (décédé 1334), nominaliste et négateur de l'intellect agent. Les décrets des chapitres dominicains étaient destinés à ramener les réfractaires à l'ordre.
°744) Edité par Paban et Pègues, 7 vol., Tours, 1900-1908.
°745) DE WULF, Histoire de la philosophie médiévale, 4e éd., p. 594.
°746) Vittoria n'a rien édité de son vivant; mais après sa mort, ses élèves ont édité certains de ses cours: ce sont les Relectiones theologicae.
°747) Cette expression, pour Vittoria n'a rien de péjoratif; elle est synonyme d'«indigène».
°748) Constitution «Inter caetera», mai 1493; cf. FOLLIET, Le droit de colonisation, Paris, 1930.
°749) Vittoria est ici l'écho affaibli de son grand contemporain LAS CASAS (1474-1565), homme d'action avant tout, (dominicain en 1523, puis évêque de Chiapa, Mexique), qui lutta inlassablement pour délivrer les Indiens du joug des colons espagnols, et mérita le nom de «Père des Indiens».
°750) Vittoria n'admet ce titre qu'en hésitant, bien qu'aujourd'hui on le considère comme excellent.
°751) Dans son De fato et libero arbitrio contra Lutherum.
°752) «Servus natura, qui corpore validus est, sed haedes intelligentia ingenioque tardus».
°753) Sepulveda conclut cependant qu'il ne soutient pas cette doctrine comme certaine (cf. GONZALÈS, Hist. de la phil., III, p. 25).
°754) DE WULF, Histoire de la philosophie médiévale, 4e éd., p. 598.
°755) C'est-à-dire, une réalité déjà classée dans un «prédicament», comme une qualité.
°756) Cf. plus haut, §286. La difficulté n'est pas dans le lien causal entre la Perfection infinie et les perfections finies participées: saint Thomas le reconnaît aussi et admet, en ce sens, une analogie d'attribution entre Dieu et les créatures. Mais le point délicat est de maintenir une suffisante unité au concept (par exemple, au concept de vie), pour qu'il désigne à la fois, au sens propre, deux réalités aussi différentes que le fini et l'infini.
°757) Le Roi-théologien y niait le pouvoir indirect du Pape sur le temporel et y exposait «toutes les erreurs schismatiques, tous les préjugés antipontificaux qui formaient l'essence de l'anglicanisme» (MAHIEUX, Suarez, p. 70). C'est pour le réfuter que Suarez écrivit son ouvrage «Defensio fidei»; il y traite de l'origine du pouvoir, au livre IV, ch. II et III; au sujet du pouvoir indirect, il y défend la même doctrine que Vittoria (cf. plus haut, §305); il y admettait même, mais en certains cas et avec beaucoup de restrictions, la légitimité du tyrannicide.
°758) «Dici potest de jure naturae negativo, non positivo; vel potius, de jure naturali concedente, non simpliciter praecipiente» (Def. fidei, l. III, ch. II, No. 8).
°759) En reconnaissant Dieu comme source dernière du pouvoir, la théorie suarézienne se distingue radicalement de celle de J.-J. Rousseau (cf. plus bas, §453).
°760) Aux diverses raisons que Jacques Ier tirait de la Bible, Suarez répond avec sagacité; il conteste par exemple, que Saül et David aient reçu directement de Dieu leur pouvoir: Dieu les a directement désignés, mais c'est le peuple qui les a crées rois (cf. Def. fidei, l. III, ch. III, no 6-7; même doctrine, dans De legib., l. III, ch. III et IV).
°761) Principalement dans son Commentaire du De Ente et essentia de saint Thomas, qu'il a écrit à 22 ans.
°762) MANDONNET, Cajetan, dans Dict. théol. cath. Col. 1311-1329. L'activité de l'école thomiste à l'époque de la Renaissance est surtout théologique. Signalons en particulier le dominicain BANNEZ (1528-1604) qui mit un puissant esprit métaphysique au service d'un thomisme rigide, défendant la grâce efficace ab intrinseco et la prémotion physique. - Son principal adversaire fut le jésuite MOLINA (1536-1600) qui dans sa célèbre Concordia (1588) expose le système du concours simultané et de la science moyenne pour expliquer comment Dieu prévoit nos actes libres et nous donne le secours de ses grâces sans détruire notre liberté. Cette doctrine, examinée à Rome dans la Congrégation de Auxiliis (1598-1607) ne fut cependant pas condamnée. Cf. F. CAYRÉ, Préc. de Pat., II, p. 733-746, et p. 760-765; nouv. édit., p. 797-804.
°763) On pourrait indiquer ici les causes de cet insuccès persistant, et marquer la part de la scolastique dans le développement de la philosophie. Cet exposé est reporté au paragraphe suivant, parce qu'il éclaire par contraste les origines et les caractères de la philosophie moderne.
°764) Cf. CAYRÉ, Préc. de Pat., II, 2e part., ch. 1, p. 707-712; nouv. éd., p. 719, sq.
°765) Sur cette philosophie de la Renaissance, cf. BRÉHIER, Hist. de la philos., I, ch, VI, p. 739-786.
°766) Cf. E. VAN STEENBERGHE, Le Card. Nicolas de Cuse, l'action, la pensée, Paris, 1920. - MARÉCHAL, Point de départ de la métap., cah, II, p. 2-23.
°767) BRÉHIER, Hist. de la philos., I, ch, VI, p. 780.
°768) DE WULF, Histoire de la philosophie médiévale, 4e éd., p. 576.
°769) D'un autre côté, plus d'un lettré revenait, du moins en pratique, à la morale épicurienne.
°770) Histoire de la philosophie médiévale, 4e éd., p. 564.
°771) SJJ: Je rajoute le «post-moderne». Je ne sais pas trop comment faire pour l'instant, mais il me semble que Thonnard exagère avec ses prédictions de retour du néothomisme. Je pense plutôt que depuis les années 1960, le néothomisme a été rayé de la carte, et que c'est le post-modernisme qui règne en maître dans les universités. Enfin, c'est seulement mon opinion, et je n'ai pas encore assez étudié la situation. De plus, le mot «moderne» chez Thonnard a peut-être beaucoup plus le sens de mon «post-moderne» que je ne le pense pour l'instant.
°772) Dans le domaine théologique, l'influence des Pères sur la scolastique fut évidemment plus grande encore.
°773) C'est-à-dire les sciences physiques, chimiques, biologiques, astronomiques, etc., sans oublier les sciences mathématiques: en un mot; tout ce qui constitue les «sciences» au sens moderne.
°774) En prenant ici science au sens thomiste: cf. plus haut, §264.
°775) Au sens expliqué plus haut, §244.
°776) En 1624 la faculté de théologie de Paris s'adresse au Parlement pour faire condamner le philosophe jean Bitaut. En 1671 le roi lui-méme sollicite du Parlement un arrêt en faveur d'Aristote. Cf. DE WULF, Histoire de la philosophie médiévale, 4e éd., p. 615.
°777) En d'autres termes, elle est une mathématique appliquée aux phénomènes physiques qu'on ne cherche pas à expliquer en eux-mêmes, mais dont on ne prend que l'aspect mesurable. Cf. MARITAIN, Les Degrés du savoir, et Réflexions sur l'Intelligence.
°778) Comme Cajetan, Jean de Saint-Thomas, Goudin, signalés plus haut, §310.
°779) Antimoderne, p. 21. Maritain appelle ces deux idées-mères des modernes le principe immanentiste (indépendance du dedans par rapport au dehors) et transcendantaliste (notre fond intime transcende tout le donné).
°780) Nous le constaterons en cette histoire avec Spinoza, Hegel, A. Comte, Taine, les modernistes et surtout le communisme et l'existentialisme athées.
°781) A. LALANDE, Vocabulaire de Philosophie, Rationalisme, sens D et E.
°782) Il n'y a guère d'exception que pour J.-J. Rousseau; Locke lui-même, le maître du XVIIIe siècle, rentre sans effort dans le sillage cartésien; cf. plus bas, §372-373.
°783) Cet opuscule ne nous est pas parvenu tel quel, mais il semble identique au petit traité posthume intitulé «Temporis partus masculus sive de interpretatione naturae».
°784) Lorsque le comte d'Essex fut disgracié, Bacon se crut obligé, pour garder les faveurs de la Cour, de se faire l'accusateur de son bienfaiteur.
°785) Cf. BRÉHIER, Hist. de la philos., II, p. 21.
°786) Cf. BRÉHIER, Hist. de la philos., II, p. 23.
°787) Bacon ouvre son Instauratio magna par cette vaste classification; mais nous en verrons mieux le sens et la valeur après l'exposé de la doctrine centrale de la méthode.
°788) Non est scientia de singularibus, cf. plus haut, §30.
°789) Cf. De augm. scient., l. 3, ch. 5 et l. 4, ch. 3.
°790) Mot de BROCHARD, La philosophie de Bacon, dans Études de phil., p. 306.
°791) «Meta autem scientiarum vera et legitima non alia est quam ut docetur vita humana novis inventis et copiis»; Nov. Org., l. 1, 82.
°792) Bacon aime à le proclamer: «sunt ista prorsus nova, etiam toto genere»; cf. Nov. Org., Epist. dedic.
°793) Cf. De augmentis scient., l. 5, ch. 2.
°794) Nov. Organum, l. 1, 129.
°795) De augm. scient., l. 3, ch. 6.
°796) Nov. Org., livres 1, 12, 13, 14.
°797) Nov. Org., l. 1, 45.
°798) Nov. Org., l. 1, 54. Inutile de relever l'injustice des reproches adressés ici à Aristote. - Gilbert était un célèbre chimiste contemporain de Bacon.
°799) «Experientia quae sagacitas potius est, et odoratio quaedam venatica» De dignit. scient., l. 5, ch. 2.
[précédente] [suivante]
Adorons Jésus-Eucharistie! | Accueil >> Varia >> Livres >> Précis d'histoire de philosophie