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Notes de bas de page (°800 à °1199)

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°800) De Augmentis, l. 5, ch. 2, 8-14. Cf. BRÉHIER, Hist. de la philos., II, p. 35.

°801) Cf. BRÉHIER, Hist. de la philos., II, p. 37.

°802) Bacon nous a donné plusieurs modèles de cette histoire: Historia ventorum, Historia vitae et mortis, etc.

°803) Ces études étaient très en faveur à la Renaissance à laquelle Bacon se rattache par ses goûts encyclopédiques, littéraires et anti-scolastiques.

°804) Par exemple, la fable de Cupidon signifiait l'action des atomes les uns sur les autres.

°805) Cf. BRÉHIER, Hist. de la philos., II, p. 31.

°806) Cette métaphysique est d'ailleurs fort différente de celle d'Aristote; cf. plus bas, la théorie des formes qui en sont l'objet.

°807) «Inter appendices potius poni debet quam inter scientias substantivas» (De dignit. sc., explication du Tableau en tête de l'ouvrage).

°808) Sur ces termes, cf. plus bas, §356, (2).

°809) Études de phil. anc. et mod., p. 310.

°810) Cet idéalisme est dû à la théorie cartésienne de l'idée claire; cf. plus bas, §356.

°811) «Latens schematismus», Nov. Org., l. 2, ch. 7.

°812) «Quum de formis loquimur, nihil aliud intelligimus, quam leges illas et determinationes actus puri, quae naturam aliquam simplicem ordinant et constituunt, ut calorem, lumen, pondus, in omnimoda materia et subjecto susceptibili». Novum Org., l. 2, aph. 17.

°813) De augm. sc., l. 3, ch. 4, §11. Cf. BRÉHIER, Hist. de la philos., II, p. 38.

°814) Cf. plus bas, §492. Notons que Taine, comme les positivistes, reconnaît un rôle à la déduction, tandis que Bacon s'en tient à l'induction.

°815) De Saptientia vet., ch. 26.

°816) De augm. scient., l. 3, ch. 5. Bacon y compare assez irrespectueusement les causes finales aux «vierges consacrées à Dieu qui ne portent pas de fruit».

°817) De augm. scient., l. 3, ch. 4. Si Bacon loue Démocrite et Epicure pour leur mécanisme, il ajoute que leur athéisme a excité un éclat de rire universel.

°818) De augm. sc., l. 3, ch. 2. Bacon donne le plan d'une théologie, mais il ne l'a pas lui même composée.

°819) De augm. sc.; cf. FONSEGRIVE, Bacon, p. 238.

°820) De augment. scient., l. 4, ch. 3.

°821) De augment. scient., l. 9, ch. 1.

°822) En vertu de ces principes, Bacon rejette la morale des stoïciens, comme celle d'Épicure, trop préoccupées de l'individu. Mais il condamne aussi la vie contemplative, parce que la vie active seule est utile à la société.

°823) De augment. scient., l. 8, ch. 7.

°824) Bacon insiste sur l'influence des «habitudes» et donne d'utiles conseils pour les acquérir.

°825) De augment. scient., l. 8, ch. 2.

°826) MARÉCHAL, Précis d'hist. de phil. mod., p. 227.
SJJ: Je pense que ça veut dire: «Je ne suis que l'annonciateur (trompettiste), je n'ai pas commencé le combat».

°827) Ce que Bacon appelle «axiome».

°828) Cf. plus haut, §264. Dans la science moderne, le syllogisme aristotélicien est remplacé par la déduction mathématique, mais celle-ci complète dans le même sens l'induction baconienne.

°829) Cet épisode ne regarde pas l'histoire de la philosophie, mais plutôt l'histoire des sciences et l'apologétique. Cf. dans le Dict. apolog., art. Galilée, par Pierre de Vrégille (col. 147-192).

°830) Cf. BRÉHIER, Hist. de la philos., II, p. 11.

°831) La première édition contenait déjà 6 séries d'objections avec les réponses de Descartes: celui-ci les avait recueillies de divers théologiens et philosophes (Catérus, Hobbes, Arnauld, Gassendi, etc.) grâce à son ami le P. Mersenne. L'approbation escomptée de la Sorbonne ne tut pas obtenue. En 1642, une 2e édit. ajouta les objections de Bourdin avec réponses: cf. BRÉHIER, Hist. de la philos., II, p. 49.

°832) Descartes écrivait ce Traité quand fut condamné Galilée (1633); comme il y enseignait le mouvement de la terre, il n'osa pas le publier.

°833) Discours de la Mét., 1re Partie, éd. clas. Gilson, p. 44.

°834) Discours de la Mét., 2e Partie, début, éd. clas. Gilson, p. 54. «On suppose que Descartes s'arrêta dans un village près d'Ulm», (ibid., note 6).

°835) Discours de la Mét., 1re Partie, éd. clas. Gilson, p. 49.

°836) Ce texte et les suivants sont extraits de la 1re Méditation, éd. Adam-Tannery, t. 9, p. 13 et suiv.; cf. MERCIER, Critériol., 7e éd., p. 57 et suiv.; col. HATIER, p. 23-25.

°837) Descartes excepte cependant de son doute les règles d'une morale provisoire et les vérités de la Foi; cf. plus bas, §335, et sur la légitimité de ce doute, §321.

°838) Discours de la Méthode, 4e Partie, éd. Gilson, p. 85.

°839) Discours de la Méthode, 4e Partie, éd. Gilson, p. 87.

°840) De même, dans l'ordre sensible, on voit clairement un objet lorsqu'il agit assez fortement sur nos yeux, même s'il ne se détache pas du voisinage.

°841) Princ. de phil., No. 45, col. HATIER, p. 51.

°842) C'est pourquoi nous appellerons simplement la méthode de Descartes, la méthode de l'idée claire.

°843) Regulae, 3, tr. Sirven, p, 14.

°844) Regulae, 7, tr. Sirven, p. 81; Cf. CHEVALIER, Descartes, p. 175.

°845) Descartes en cela est tributaire de son temps: les philosophes admettaient communément que nos concepts atteignaient l'individuel. C'était, en particulier, l'opinion de Suarez: cf. plus haut, §309.

°846) LALANDE, Vocab. technique de la phil., sens A.

°847) Regulae, 12.

°848) Discours de la Méthode, 4e Partie, éd. Gilson, p. 95.

°849) Médit. philos., 2e Rép. aux objections.

°850) Lettre au Marquis de Newcastle, en 1648.

°851) Nous serions assez près de la vision en Dieu de Malebranche.

°852) Certains, il est vrai, rejettent cette méthode: cf. TONQUÉDEC, La critique de la connaissance; GILSON, Le réalisme méthodique; GREDT, Elementa philosophiae, II, No. 676. - Mais d'autres, avec raison, l'admettent: cf. D. MERCIER, Critériologie générale; MARITAIN, Les degrés du savoir; NOËL, Notes d'épistémologie thomistes, etc.

°853) Descartes constate qu'en fait le Cogito lui résiste: heureuse correction, mais inconséquence.

°854) Cf. plus bas, §329, la nécessité de prouver l'existence de Dieu, et aussi §533.

°855) Descartes se corrige en appliquant son critère de vérité: il retrouve ainsi d'autres principes immédiatement infaillibles comme celui de raison suffisante; cf. §327 fin et §329.

°856) Cette passivité n'exclut pas du reste une grande activité: celle du jugement, du raisonnement et d'abord de l'abstraction.

°857) La critique thomiste reconnaît aussi, évidemment, la valeur de l'intuition du moi (cf. plus bas; §327), mais son réalisme a une base plus large.

°858) Cf. plus bas, §403-405 où l'on indique en quel sens, pour Kant, l'esprit fabrique le monde extérieur.

°859) Cet énoncé des quatre règles est dans le Discours de la Méthode, 2e Partie, éd. Gilson, p. 64-66.

°860) Ainsi toutes les sciences ne sont pas conçues sur le même type, mais elles se subordonnent selon divers degrés d'abstraction.

°861) Ainsi l'idée de puissance pure (matière première) est loin d'être claire et distincte, mais sans elle, les corps et leurs changements profonds resteraient inintelligibles.

°862) Ainsi, après avoir précisé la méthode de l'algèbre, Descartes l'applique à l'étude de l'espace et invente la géométrie analytique (1637): «Sa découverte marque une date capitale dans le développement scientifique de l'humanité», dit J. CHEVALIER, Descartes, p. 118.

°863) C'est ce que Maritain appelle l'angélisme de Descartes; (cf. Trois Réformateurs, p. 78). De là aussi la théorie cartésienne de notre âme, conçue logiquement comme un pur esprit; cf. plus loin, §326.

°864) Cf. plus bas, §337, et §380-385.

°865) 2e Médit., cf. MERCIER, Les orig. de la psychol. contemp., p. 7-9. «Qu'est-ce qu'une chose qui pense? C'est une chose qui doute, qui entend, qui conçoit, qui affirme, qui nie, qui veut, qui ne veut pas, qui imagine aussi et qui sent». (Col. HATIER, p. 31.)

°866) «Par le mot de penser, j'entends tout ce qui se fait en nous de telle sorte que nous l'apercevons immédiatement par nous-mêmes». (Les Passions de l'âme, 1re Partie, 4.)

°867) Il faut en dire autant des passions dont nous parlerons plus bas, §335. Les psychologues positivistes, fidèles au point de vue cartésien, mais en l'appliquant à rebours, considéreront tout fait de conscience, même intellectuel ou volontaire, comme une activité organique. Ainsi feront Hume, Stuart Mill, Taine, etc.

°868) Princ. de Phil., 1re Partie, No. 51; col. HATIER, p. 54. «C'est pourquoi, ajoute Descartes, on a raison dans l'école de dire que le nom de substance n'est pas univoque au regard de Dieu et des créatures». Mais cette concession, qui le préserve du panthéisme, ne l'empêche pas de défendre son principe rationaliste de l'idée claire.

°869) Ces distinctions sont un souvenir du suarézisme (cf. plus haut, §307) que Descartes avait très probablement étudié chez les jésuites de La Flèche.

°870) 2e Médit., Col. HATIER, p. 30

°871) Réponse aux 4es objections.

°872) Ce changement n'est d'ailleurs, dans la théorie mécaniste de Descartes, qu'une simple variation de figure; cf. plus bas, §333.

°873) Réponse aux 2es objections.

°874) Lettre à la princ. Élisabeth, du 28 juin 1643; Cf. CHEVALIER, Descartes, p. 231.

°875) La méthode cartésienne donnerait ainsi à la science une base plus large: non plus le simple Cogito, mais tout objet d'intuition intellectuelle ou d'idée claire. La troisième et la quatrième étape de la méthode permettraient cette interprétation, tandis que la seconde semblerait l'exclure.

°876) 3e Médit., col. HATIER, p. 38.

°877) On reconnaît ici la classification, courante en psychologie expérimentale, des trois grandes facultés: l'intelligence, la sensibilité et la volonté, sans distinguer l'ordre sensible de l'ordre spirituel.

°878) Exemples de Descartes, 3e Médit., col. HATIER, p. 39.

°879) 3e Médit., col. HATIER, p. 41.

°880) 3e Médit., col. HATIER, p. 45.

°881) 3e Médit., col. HATIER, p. 50.

°882) Disc. de la Méth., 4e Partie, éd. Gilson, p. 91-92; cf. Princ. de Phil., No. 14, col. HATIER, p. 38.

°883) La première était l'existence du moi.

°884) 3e Médit., fin, col. HATIER, p. 51.

°885) Descartes prouvait l'existence de corps particuliers par les idées adventices qui supposent une cause: «Expresse, dit-il, ... ostendi ipsas (ideas rerum materialium) a corporibus saepe advenire, ac per hoc existentiam corporum probari» (5a Resp.); mais la nature de cette cause relève de l'idée claire.

°886) «Je dis que Dieu a été aussi libre de faire qu'il ne fût pas vrai que toutes les lignes tirées du centre à la circonférence fussent égales, comme de ne pas créer le monde». (Lettre à Mersenne, 27 mai 1630).

°887) C'est ce que Maritain appelle la théorie des «idées tableaux», par opposition à la notion thomiste de concept objectif, pur signe formel, c'est-à-dire qui est un moyen de connaître l'objet exprimé sans qu'il soit lui-même d'abord connu; (cf. Réflexions sur l'intel.). Ainsi, par l'idée d'arbre, je connais dans leur nature générique tous les arbres (réalité autre que moi), sans savoir, sinon par une réflexion subséquente, que j'ai une idée d'arbre.

°888) 3e Médit., col. HATIER, p. 39.

°889) Cf. plus bas, §356, la définition de l'idéalisme.

°890) Formules de Locke; cf. plus bas, §375. Cf. aussi Princ. de philo., No. 69-70, Col. HATIER, p. 63-64.

°891) Traité de l'homme, éd. Cousin, 4, p. 347-349: Cf. MERCIER, Orig. de la psychol. contemp., p. 32.

°892) Princ. de Phil.; cf. MERCIER, Orig. de la psychol. contemp., p. 34.

°893) Le Vocab. techn. de phil. note que le terme «mécanisme» a d'autres sens assez différents. Nous le définissons ici au sens cartésien où «mécanique» signifie «ce qui s'explique par les seules notions d'étendue et de mouvement» (Vocab., au mot Mécanique, sens C).

°894) Il s'agit évidemment du mouvement local, mesurable au sens strict: ainsi, les diverses espèces de vibrations.

°895) Descartes n'a pas compris la définition profonde du mouvement selon Aristote et S. Thomas (cf. plus haut, §74). Il le conçoit comme une série d'états communiqués du dehors, en sorte que l'inertie du corps consiste non seulement à rester de soi en repos, mais aussi à rester de soi en mouvement quand il le possède: de là la nécessité d'une «création» du mouvement au début de l'univers.

°896) En science moderne, le mouvement est une des formes de l'énergie, et dans le mécanisme cartésien, c'était la seule forme admise, de sorte qu'au point de vue de Descartes, «conservation du mouvement» équivaut à «conservation de l'énergie».

°897) Descartes voulait les étudier dans son livre Le Monde dont il n'édita que des fragments: la Dioptrique, les Météores, la Géométrie. Pour expliquer les phénomènes physiques, il développait la fameuse hypothèse des tourbillons qui, après avoir supplanté les théories d'Aristote, fut elle-même détrônée par les découvertes de Newton; cf. plus bas, §369, (A).

°898) 6e Médit., col. HATIER, p. 73.

°899) Les «esprits animaux» sont «comme un vent très subtil ou plutôt comme une flamme très pure et très vive»; produits par le coeur, ils sont transmis par les nerfs dans les muscles pour donner le mouvement à tous les membres; cf. Disc. de la Méth., 5e Partie, éd. Gilson, p. 112. On peut les comparer au fluide nerveux; cf. BARBADO, Introd. à la Psychol. exp., p. 97.

°900) Lettre à la Princesse Palat.; Cf. MERCIER, Orig. de la psyc. cont., p. 46.

°901) Disc. de la Méth., 3e Partie, éd. Gilson, p. 76. Cf. BRÉHIER, Hist. de la phil., II, p. 102-103.

°902) GILSON, Disc. de la Méth., Introduction, p. 23.

°903) GILSON, Disc. de la Méth., Introduction, p. 23.

°904) GILSON, Disc. de la Méth., p. 25.

°905) Point de départ de la Métaph., cah. II, p. 25-26.

°906) Au sens défini plus haut, §313.

°907) Hist. de la Phil., II, p. 65.

°908) Disc. de la Méth., 2e Partie; cf. BARBEDETTE, Hist. de la Phil., p. 370.

°909) L'Église, en raison de cette opposition d'esprit, a mis les oeuvres de Descartes à l'Index, depuis 1663.

°910) La physique surtout passionne les gens du monde: cf. BRÉHIER, Hist. de la Phil., p. 113. Cependant La Fontaine proteste contre le mécanisme et défend l'âme des bêtes: cf. Fables, liv. 10, 1.

°911) Nous ne parlerons pas des opposants a priori qui, pour défendre leur aristotélisme, font appel au bras séculier. Cf. plus haut, §312.

°912) Traité de l'Exist. de Dieu, 1re Partie, ch. 2.

°913) Édit. spéc., Oeuvres philosophiques, Paris, Bonne Presse. - La Connaissance de Dieu et de soi-même, col. HATIER. Cf. BARBEDETTE, Hist. de la Phil., p. 394 et suiv.

°914) Traité de la con. de Dieu, ch. 1.

°915) MERCIER, Critériologie, éd. 1911, p. 122. - C. BARTHOLMÈS, Huet, Évêque d'Avranches ou le scepticisme théologique, Paris, 1850.

°916) FRÉDÉRIC J. POWICK, The Cambridge platonists, Londres, 1926.

°917) Cf. MARÉCHAL, Hist. de Phil. mod., p. 109 et 238.

°918) Cf. MARÉCHAL, Hist. de Phil. mod., p. 237.

°919) V. VAN DER HAEGHEN, Geulincx. Étude sur sa vie, sa philosophie, et ses ouvrages, Gand, 1886. - M. DE WULF, Les philosophes belges, Louvain.

°920) Il mourut protestant à Leyde.

°921) Cependant les deux ouvrages de Geulincx: «Metaphysica vera» et «Metaphysica ad mentem peripateticam», ne parurent qu'en 1691-1698, après les oeuvres de Malebranche.

°922) Sur ces auteurs, cf. BRÉHIER, Hist. de la Philos., 2, p. 116-128.

°923) BRÉHIER, Hist. de la Philos., 2, p. 127.

°924) Dans le Fragment d'un Traité du vide: De l'autorité en matière de philosophie.

°925) Dans les Fragments sur l'Esprit géométrique.

°926) Pensées, éd. Margival, art. 1, 1, p. 4.

°927) Pensées, éd. Havet, art. 1, 6.

°928) Pensées, éd. Havet, art. 10, 1.

°929) Cf. A. VALENSIN, Pascal (le pari de), dans Dict. apolog., col. 1582-87.

°930) Critériol. générale, éd. 1911, p. 134.

°931) Cf. Pensées, éd. Havet, art. 8, 6.

°932) Pensées, éd. Havet, art. 24, 5.

°933) Pensées, éd. Havet,: «C'est le coeur qui sent Dieu, et non la raison. Voilà ce que c'est que la Foi: Dieu sensible au coeur, non à la raison».

°934) H. BRÉMOND, dans son Histoire littéraire du sentiment religieux en France, IV, La conquête mystique: l'école du Port-Royal, Paris, 1920; p. 318-417, découvre, de son côté, un arrière-fond de théologie janséniste dans la doctrine des Pensées. Si, par exemple, Pascal refuse aux «lumières naturelles» la capacité de «connaltre ni ce que Dieu est, ni s'il est» (art. 10, 1), il n'est pas fidéiste, mais il veut dire «que la connaissance de Dieu où nous conduisent les simples spéculations de la philosophie, n'est pas en soi "connaissance religieuse", qu'elle n'avance d'aucune façon pour notre salut»; (BRÉMOND, op. cit., p. 385), car les philosophes, n'ayant pas la grâce, ne peuvent, selon Jansénius, rien produire de bon. - D'ailleurs, Brémond conclut (p. 416) que «le vrai Pascal est tout nôtre. Il l'est par tout ce qu'il y a d'unique vraiment dans ses Pensées; il l'est par les principes premiers de son apologétique victorieuse; il l'est plus encore par l'incomparable témoignage qu'il a rendu à la personne de notre Christ».

°935) Pour Malebranche comme pour Descartes, il y a dans l'univers une certaine quantité immuable da mouvement créée par Dieu dès le début (cf. §333). Avec ce présupposé, l'argument devient plus clair.

°936) On pourrait dire cependant que, selon la loi naturelle, la sensation est toujours une auxiliaire de l'âme, comme cela était avant le péché originel. Si maintenant elle est source de trouble et d'erreur, c'est que, en application de la même loi, elle aide une âme dépravée par le péché. Cf. cette interprétation dans BRÉHIER, Hist. de la phil., II, p. 208.

°937) Au sens historique expliqué plus haut, §244.

°938) Le Zohar ou Livre de la Splendeur, «étudié avec zèle dans le milieu juif d'Amsterdam vers 1647» enseignait qu'il n'existe en toute rigueur qu'une substance et que tout est un en Dieu. (Cf. MARÉCHAL, Hist. de Phil. mod., p. 108.)

°939) «La dépendance fut généralement affirmée sur la foi d'analogie assez frap- pantes. L'argument toutefois n'est pas décisif, Spinoza et Bruno ayant pu puiser indépendamment l'un de l'autre au même fond néoplatonicien» (MARÉCHAL, Hist. de Phil. mod., p. 111).

°940) Plusieurs historiens, comme Delbos, et plus encore Gebhart et von Dunin, tendent à diminuer la portée de l'influence cartésienne, en insistant sur l'intuition du panthéisme qui a, semble-t-il, chez Spinoza, précédé la connaissance de Descartes. Il reste pourtant que le spinozisme est réellement le cartésianisme porté logiquement à son terme.

°941) Il exerçait le métier de polisseur de lunettes.

°942) BRUNSCHWICG, Spinoza, p. 24.

°943) Définition de Descartes (cf. plus haut, §325). Descartes la corrigeait pour éviter le panthéisme et Spinoza connaissait cette correction, comme on le voit dans son opusc. Principia phil. (éd. V. Vloten, 1914, IV, p. 143. Cf. MARÉCHAL, Point de départ de la métaph., II, p. 73). Son panthéisme a donc des sources plus profondes qu'une fausse définition.

°944) En d'autres termes, l'idée de substance ou d'être existant par soi, n'est pas univoque, mais analogue; cf. plus haut, §259, 3.

°945) De l'expérience, soit interne, soit surtout externe et sensible avec leurs données intuitives: cf. plus haut, §262.

°946) L'essence d'un être, selon Descartes, n'est connaissable que par ses attributs: cf. plus haut, §325.

°947) L'essence ou la nature des «créatures», selon Spinoza, est constituée par les modes: cf. plus bas, §350.

°948) Il est en effet objet d'une idée claire et distincte: selon la logique cartésienne, cet objet devrait se distinguer réellement des autres. Cependant Spinoza affirme clairement l'identité de tous les attributs avec l'unique substance divine; mais il n'examine pas la conciliation de ces deux points de vue.

°949) L'étendue, attribut divin, connue par la même idée claire que le corps, introduit logiquement en Dieu un élément incompatible avec sa perfection: la matière. C'est un des points les plus contestables du spinozisme. Il faut dire au contraire que Dieu ne possède pas «formellement», selon sa définition, cette propriété d'étendue.

°950) Les grands faits d'expérience incontestables, comme l'existence de la pensée ou du monde, sont présentés par Spinoza comme des «axiomes». Cf. DELBOS, Le Spinozisme, p. 79.

°951) C'est une conjecture de Delbos: cf. Le Spinozisme, p. 61.

°952) Lettre à Schuller, éd. Van Vloten, Epist. LXIV, p. 219. Cf. DELBOS, Le Spinozisme, p. 58.

°953) On dirait, en terminologie scolastique, que les modes créés sont les «effets formels» de l'unique substance divine, comme les propriétés liées nécessairement à une nature sont les effets formels de cette nature.

°954) Cf. BRÉHIER, Hist. de la Phil., II, p. 176.

°955) Elles sont en effet, dit Spinoza, «comme des conséquences séparées de leurs prémisses (Éth., II, prop. 28)», parce qu'elles ne sont pas considérées comme un chaînon de l'immense réseau de déductions qui doit tout expliquer par Dieu.

°956) Spinoza reconnaît une réelle valeur de vérité à la connaissance du second genre ou par raisonnement; car elle nous conduit, semble-t-il, à saisir les modes infinis et commence à voir les choses sous un aspect d'éternité. Elle joue ainsi, comme les modes infinis, le rôle d'intermédiaire entre la connaissance sensible et imaginative toujours sujette à erreur, et l'intuition des attributs divins, toujours infaillible et source de notre salut.

°957) Spinoza conserve cependant le vocable de «bien» et de «mal» en les définissant à sa manière. «Par bien, dit-il, j'entendrai ce que nous savons être certainement un moyen de nous rapprocher de plus en plus de ce modèle de la nature humaine que nous nous proposons; par mal au contraire, ce que nous savons certainement nous empêcher de reproduire ce modèle». (Éth., IV, préf.) Et ce «modèle» ne désigne pas un idéal qu'il faut réaliser et dont nous pourrions librement déchoir, mais il explique ce que nous sommes comme mode émanant de la Substance divine. Cf. DELBOS, Le Spinozisme, p. 141-142.

°958) Dans la théorie de l'idée claire, l'inséparabilité entraîne l'identité: cf. §325.

°959) Cf. Éth., Ve Partie, prop. XL, schol. I; trad. H. de BOULAINVILLIERS, p. 321-322. - Cette doctrine réintroduit dans le système une certaine immortalité personnelle; mais si elle adoucit la rigueur du monisme, elle n'en détruit pas l'erreur essentielle.

°960) Cette solution est développée par Valensin dans le Dict. apol. (art. Panthéisme).

°961) Défin. du Vocab. techn. de phil.; on y expose aussi les divers sens du mot d'après l'histoire.

°962) Ou l'existence dont parle la définition de l'idéalisme.

°963) Définition du Vocab. techn. de phil., au mot Subjectivisme, sens A. Le terme a d'autres acceptions fort différentes, ce qui le rend moins précis que celui d'idéalisme.

°964) «Transsubjectif»: Expression de GREDT, Elementa Philos., II, no 686 et suiv.; Kant l'appelle Ding an sich, la «chose en soi».

°965) Défin. du Vocab. techn. de phil., sens B. Au premier sens, le positivisme n'est autre que le «comtisme»; (cf. plus bas, §457 et suiv.); le mot lui-même est l'invention d'Auguste Comte, mais la doctrine trouve ses origines chez Descartes. Cf. MERCIER, Les Origines de la psychol. contemp., ch. II.

°966) Vocab. techn. de phil., au mot Matérialisme, sens A.

°967) MERCIER, Les Origines de la psych. contemp., p. 68. Cf. Vocab. techn. de Philos.: «Doctrine d'après laquelle toute connaissance vient des sensations et d'elles seules». Le terme, ajoute le Vocabulaire, «est mal choisi et d'apparence péjorative, car il éveille naturellement le souvenir du mot sensuel...; la forme normale serait sensationnisme».

°968) Dans ce cas l'âme, par ses facultés spirituelles, dépasse légitimement la portée restreinte des sensations (théorie de l'abstraction).

°969) Cf. Vocabul. techn. de philos., sens A et B.

°970) Pour simplifier, nous nous contenterons du terme d'ailleurs plus clair d'empirisme.

°971) Définition du Vocab. techn. de phil.; pour le phénoménisme, la «chose en soi» n'est qu'un mot.

°972) Le terme «théodicée» inventé par Leibniz a précisément ce sens (Θεός, Dieu; δικαία, justice rendue); le traité de Leibniz était d'ailleurs une étude complète de Dieu. Le mot désigne aujourd'hui le traité de théologie rationnelle ou philosophique, par opposition à l'étude de Dieu basée sur la Révélation et appelée simplement théologie.

°973) Ainsi BARBEDETTE, (Hist. de la phil., p. 403-407) relève une série d'affirmations de Leibniz, concernant la logique, l'étude de Dieu, du monde, de l'homme, de la morale, qui reprennent les doctrines d'Aristote et de saint Thomas, comme la définition du mouvement par le passage de la puissance à l'acte, la distinction entre substance et accident, l'âme, forme substantielle du corps, etc.

°974) Par exemple, il condamne la méthode du doute universel et commence la philosophie par l'affirmation évidente des premiers principes; il rejette l'identité de la substance corporelle et de l'étendue, etc.

°975) «De toute chose, il y a une raison pour laquelle elle est ainsi plutôt qu'autrement» ou encore, «Toute proposition vraie qui n'est pas connue de soi reçoit une preuve à priori». Formules de Leibniz, citées par BRÉHIER, Histoire de la Phil., II, p. 241.

°976) On voit que le principe de raison suffisante règle spécialement le monde réel, tandis que le principe d'identité suffit pour le monde des possibles.

°977) Bossuet demandait que l'on reconnût l'autorité dogmatique de l'Église, comme règle de Foi, tandis que Leibniz rêvait d'un accord sur des «dogmes» démontrés à tous par la raison.

°978) «Par monade, dit Leibniz, j'entends la substance vraiment une, à savoir, celle qui n'est pas un agrégat de substances». (Correspondance avec Bernouilli, II, p. 398).

°979) Monadologie, No. 2; col. HATIER, p. 14.

°980) Monadologie, No. 3.

°981) Le pluralisme est la «doctrine selon laquelle les êtres qui composent le monde sont multiples, individuels, indépendants, et ne doivent pas être considérés comme de simples modes ou phénomènes d'une réalité unique et absolue». (Définit. du Vocab. techn. de la Phil., de LALANDE).

°982) Monad., no 7, col. HATIER, p. 15.

°983) Une substance active immuable, serait l'Acte pur, infini et unique.

°984) Pour Leibniz, toute monade est éternelle et immortelle, mais il considère comme un «préjugé scolastique» l'existence d'«âmes entièrement séparées» de leur corps. Cf. Monad., No. 14, col. HATIER, p, 17.

°985) Il n'y a ni influence mutuelle, ni assistance de Dieu «pour mettre les horloges d'accord à tout moment»; Leibniz n'a pas saisi la thèse profonde de la prémotion divine (PDP, §1045). Cf. col. HATIER, Monad., app., p. 53-54.

°986) «L'Être de soi, dit Leibniz, est l'Être qui doit exister parce qu'il est possible, étant par définition l'Être nécessaire: nier son existence, c'est nier sa possibilité». Mais si l'Être de soi est impossible, «tous les êtres par autrui le sont aussi, puisqu'ils ne sont enfin que par l'Être de soi: ainsi rien ne saurait exister». Extrait d'une lettre: cf. MARÉCHAL, Point de départ de la Métaph., cah. III, p. 31-32.

°987) Cf. BRÉHIER, Histoire de la Phil., II, p. 359-365.

°988) MARÉCHAL, Point de départ de la Métaph., cah. II, p. 105.

°989) C'est A. Comte qui le mit en vogue, cf. plus bas, §459.

°990) Cf. art. 3, §371, sq.. Locke, en ramenant l'esprit cartésien à la mesure plutôt médiocre des penseurs du temps, eut une grande influence: il fut, en philosophie, le maître du XVIIIe siècle.

°991) SORTAIS, La phil. moderne, II, p. 274.

°992) Il en était sorti à la mort du jeune Lord, son élève, en 1628; il redevenait, en 1631, le précepteur du fils aîné du défunt.

°993) L'ouvrage circula d'abord en manuscrit et ne fut édité qu'en 1650, en deux parties: Human nature et De Corpore politico. Il est un résumé du système développé dans les deux grands ouvrages: De Cive et De Homine.

°994) Cet accord est d'ailleurs assez remarquable pour que Hobbes prenne plan dans le courant positiviste issu du mécanisme cartésien.

°995) Descartes écrivit peu sur la morale et pas du tout sur la politique.

°996) «Necesse est ut mutatio aliud non sit praeter partium corporis mutati motum... Itaque mutatio motus est (nimirum partium agentis vel patientis)»: De Corpore, ch. IX, §9.

°997) Tel est le cas habituel du principe fondamental d'une philosophie.

°998) «Spatium est phantasma rei existentis, quatenus existentis, id est nullo alio ejus rei accidente considerato, praeter quam quod apparet extra imaginantem» (De Corp., ch. VII, 3).

°999) «Corpus est quidquid non dependens a nostra cogitatione, cum spatii parte aliqua coincidit vel coextenditur» (De Corp., ch. VIII, I).

°1000) Human nature, ch. XI, §5.

°1001) Human nature, ch. XI, §4.

°1002) À propos du culte que l'on rend à Dieu, Hobbes parle aussi de la bonté de Dieu qui est Père (De Cive, ch. XV, 14); mais cette idée semble plutôt relever de la Sainte Écriture que de la philosophie.

°1003) De Corp., ch. I, §8.

°1004) C'était déjà le principe des premiers atomistes dont nous avons montré l'insuffisance philosophique; cf. plus haut, §21. Cf. aussi plus bas, Conclusion, une appréciation générale du matérialisme et du mécanisme de Hobbes.

°1005) De Corp., ch. VIII et IX. Cf. dans SORTAIS, La phil. moderne, II, p. 337-338. un résumé de cette démonstration.

°1006) Cf. plus bas, §471-473. Le fait que négligent ces philosophes idolâtres des faits, c'est l'existence d'une pensée spirituelle, et par conséquent de l'âme et de Dieu.

°1007) «Recidit itaque ratiocinatio omnis ad duas operationes animi, additionem et substractionem»; De Corpore, ch. I, §2.

°1008) Selon Hobbes, entre les accidents ou propriétés et la substance, il n'y a pas de distinction réelle.

°1009) Cf. Léviathan, c. VII, édit. Molesworth, III, p. 52.

°1010) De Corpore, ch. II, §9, à la fin.

°1011) «Causa itaque effectuum omnium in certis consistit agentium et patientis accidentibus quae cum adsint omnia, effectus producitur; si aliquod eorum desit, non producitur»; De Corpore, ch. IX, §3.

°1012) Nous avons ici la notion de cause, caractéristique du positivisme: un antécédent nécessaire lié au conséquent par le déterminisme de la nature; cf. plus bas, §473.

°1013) SORTAIS, La phil. moderne, II, p. 402.

°1014) Dans ce domaine, les travaux de Hobbes n'ont pas laissé de traces comparables. par exemple, à ceux de Descartes ou de Pascal.

°1015) Human nature, ch. XI, §4.

°1016) Les facultés sont des accidents, c'est-à-dire, selon Hobbes, des manières dont nous envisageons un être.

°1017) Human nature, ch. II, 10.

°1018) De Corpore, ch. XXV, 8.

°1019) Hobbes en donne un exemple resté célèbre. On parlait de guerre civile; quelqu'un demanda: Que vaut le denier romain? Quoi de plus étranger au sujet? «Cependant, la liaison me paraissait assez manifeste. Car la pensée de la guerre amena la pensée de l'abandon du roi livré par ses sujets à ses ennemis; cette pensée suscita celle de la trahison qui livra Jésus-Christ aux juifs; cette dernière à son tour enfanta celle des trente deniers, prix de la trahison, d'où suivit aisément la susdite interrogation. Et tout cela, si prompte est la pensée, ne dura guère qu'un moment» (Léviat., ch. III, édit. Molesworth, p. 15-16).

°1020) Léviat., ch. III, édit. Molesworth, p. 16.

°1021) Léviat., ch. III, édit. Molesworth, p. 37. Cf. plus haut, Logique nominaliste.

°1022) Human nature, ch. IX, 21.

°1023) «Liberty is the absence of the all impediments to action that are not contained in the nature and intrinsical quality of the agent» (Opusc. Of liberty and Necessity).

°1024) De Cive, ch. 1, §2.

°1025) De Cive, ch. 1, §2.

°1026) De Cive, ch. 1, §10.

°1027) De Cive, ch. 1, §11.

°1028) Léviat., ch. XIII, édit. Molesworth, III, p. 99.

°1029) ibid. (SJJ: De Cive ou Léviat.?), ch. 2, §1 et §2.

°1030) Si des circonstances donnent à un homme une supériorité qui lui permet de s'imposer aux plus faibles, d'exiger d'eux des gages à son profit, l'emploi de la force est légitime: «dans l'état de nature, la puissance certaine et irrésistible confère le droit de régir ceux qui ne peuvent faire résistance et de leur commander» (De Cive, ch. 1, §14). Mais la loi naturelle a pour but de rendre cet état plus durable.

°1031) Cette règle résume les autres; cf. plus bas.

°1032) De Cive, ch. 5, §3.

°1033) De Cive, ch. 5, §6.

°1034) Le contrat qui établit la société peut être consenti librement par les citoyens; il peut être aussi imposé par la force, si une nation victorieuse impose aux vaincus sa domination, et ce deuxième cas vaut moralement le premier. La famille, selon Hobbes, est du deuxième genre: les parents y imposent leur force à la faiblesse des enfants; d'ailleurs, tout y est réglé par l'État.

°1035) «Force and fraud are in war the two cardinal virtues»; Léviat., ch. XIII, édit. Molesworth, III, p. 115.

°1036) «L'injustice en effet n'est que la violation des pactes»: Léviat., ch. XV, édit. Molesworth, III, p. 112.

°1037) Cf. De Cive, ch. III, 1-14; SORTAIS, La phil. moderne, II, p. 374-376.

°1038) Hobbes déclare cependant qu'il est comptable devant Dieu de sa gestion, «sous peine de mort éternelle» (cf. De Corpore pol., partie II, ch. IX, §1; et De Cive, ch. XIII, §2); on peut d'ailleurs douter de l'efficacité de cette sanction dans un système matérialiste.

°1039) Léviat., ch. XVII, édit. Molesworth, III, p. 154.

°1040) De Cive, ch. 6, §9.

°1041) L'expérience a donné tort à Hobbes sur ce point; la monarchie constitutionnelle installée en Angleterre peu après sa mort, y a constitué un excellent gouvernement qui a su procurer au peuple la paix et la prospérité.

°1042) SORTAIS, La phil. moderne, p. 427.

°1043) Helvétius adopte sa morale égoïste, Voltaire en fait l'éloge (dans Les phil. ignorants, 37) quoique non sans restriction; d'Holbach traduit l'Human nature dont Diderot disait: «C'est un livre à lire et à commenter toute sa vie» (Lettre à Naigeon, imprimée dans l'Encyclopédie après l'art.: Hobbisme).

°1044) L'origine naturelle de la société était fort bien établie par les anciens; cf. plus haut, §64, §89, §176, §269, (5). Ces observations suffisent à réfuter la théorie de Hobbes sur l'état de nature.

°1045) SORTAIS, La phil. moderne, II, p. 456-460.

°1046) Cf. GONZALÈS, Hist. de la phil., III, p. 319, et SORTAIS, La phil. moderne, t. II et III.

°1047) Les découvertes de Newton concernant la lumière (analyse spectrale, etc.) sont aussi très importantes, mais regardent un domaine plus spécial.

°1048) Étant donné que la quantité du mouvement est invariable, ces lois enseignent comment cette quantité se répartit entre les deux corps après le choc et comment la direction change; par exemple: «Si deux corps supposés parfaitement durs sont égaux et animés d'une égale vitesse, chacun rejaillit après le choc avec la même vitesse et dans une direction opposée» (Cf. BRÉHIER, Hist. phil., II, p. 91). Ces lois d'ailleurs ne s'appliquent pas aux corps réels qui ne sont pas parfaitement durs et l'expérience les contredit.

°1049) Cf. BRÉHIER, Hist. de la phil., II, p. 94.

°1050) Cf. Les principes, p. 484.

°1051) Il fut découvert et développé simultanément par Newton et Leibniz qui réclamèrent tous deux la priorité; «l'examen direct et minutieux des documents relatifs à cette longue querelle, dit Carra de Vaux, semble bien établir l'indépendance des deux découvertes» (Newton, p. 13-16).

°1052) BRÉHIER, Hist. de la phil., II, p. 313.

°1053) C'est la preuve de Dieu popularisée par Voltaire; cf. §370.

°1054) Cf. MARÉCHAL, Précis de phil. mod., p. 262.

°1055) Il admettait de même le mouvement absolu, «c'est-à-dire, sous les mouvements relatifs que nous percevons, le déplacement réel, correspondant à des positions et à des durées absolues» (MARÉCHAL, MARÉCHAL, Précis de phil. mod., p. 272). Cf. plus bas, §383, la critique de ces idées par Hume et ce qu'il faut en penser.

°1056) Plusieurs comme Berkeley, Hume, Kant l'admirent comme astronome et combattent ses théories métaphysiques sur l'espace et le temps. Beaucoup d'autres avec Voltaire, admettent le rôle de Dieu, mais interprètent la gravitation comme si elle était une nouvelle propriété corporelle trouvée par Newton. D'autres enfin chercheront l'explication de l'ordre sidéral dans une «cosmogonie scientifique» et nous aurons l'hypothèse de la nébuleuse primitive (Kant) et le système de Laplace.

°1057) Clarke défendit cette thèse contre Leibniz avec lequel il correspondit à ce sujet; il revendique aussi les droits de la liberté psychologique contre le déterminisme leibnizien.

°1058) MARÉCHAL, Précis de phil. mod., p. 252-3.

°1059) L'athéisme était considéré comme un danger pour l'État et menacé de sanctions légales; en 1667, un Bill «again Blasphemy and Profaneness» fut voté aux Communes, mais ne fut pas accepté par la Chambre des Lords.

°1060) A. LANTOINE, Un précurseur de la franc-maçonnerie, John Toland, suivi de la trad. franç. du Pantheisticon, Paris, 1927.

°1061) Dédiées à la Reine de Prusse, publiées à Londres.

°1062) Il expose en particulier cette thèse dans une de ses Lettres..., intitulée: «Le mouvement comme propriété essentielle de la matière».

°1063) BRÉHIER, Hist. de la phil., II, p. 325.

°1064) BRÉHIER, Hist. de la phil., II, p. 293.

°1065) GONZALÈS, Hist. de la phil., III, p. 353.

°1066) MARÉCHAL, Précis de phil. mod., I, p. 257.

°1067) Cette morale «scientifique» se retrouve chez les positivistes du XIXe siècle. Taine et surtout Durkheim; cf. plus bas, §500 et §516.

°1068) A. Comte, dans sa morale positiviste, a synthétisé les deux aspects; cf. plus bas, §466.

°1069) MARÉCHAL, Précis de phil. mod., I, p. 256.

°1070) Théorie des sent. mor., trad. fr. marq. de CONDORCET, II, p. 257.

°1071) La richesse des nat., trad. fr., p. 1.

°1072) La richesse des nat., trad. fr., p. 3.

°1073) Ce dessein sera réalisé par A. Comte; cf. plus bas, §464.

°1074) Outre les «philosophes» ici mentionnés, une place à part revient au XVIIIe siècle à J.-J. Rousseau. Il en sera parlé plus loin, au ch. du Positivisme, §448 et suiv.

°1075) Le philosophe le plus important pour la doctrine est Condillac dont nous parlons plus loin, §379. Dans la foule des autres, il n'y a pas de chef: ils sont tous philosophes secondaires. Nous mettons La Mettrie en tête comme premier dans le temps.

°1076) BARBEDETTE, Hist. de la Phil., p. 430.

°1077) BRÉHIER, Hist. de la phil., II, p. 607-610.

°1078) DESTUTT DE TRACY (1754-1836), ami de Cabanis, auteur des Éléments d'idéologie, l'un des plus influents parmi les idéologues du début du XIXe siècle, continue la psychologie empiriste jusqu'au moment où elle sera remplacée par l'éclectisme. Cf. plus bas, §441, et BRÉHIER, Hist. de la phil., II, p. 600-606.

°1079) Nous retrouverons ces idées chez A. Comte, cf. plus bas, §457.

°1080) BRÉHIER, Hist. de la phil., II, p. 441.

°1081) BRÉHIER, Hist. de la phil., II, p. 442.

°1082) «On ne trouvera pas dans Voltaire de doctrine philosophique au sens technique du mot» (BRÉHIER, Hist. de la phil., II, p. 456).

°1083) On connaît les vers célèbres:

	L'univers m'embarrasse, et je ne puis songer
	Que cette horloge marche et n'ait point d'horloger...
	Si Dieu n'existait pas, il faudrait l'inventer.
	(Epître à l'aut. des Trois Imposteurs).

°1084) BRÉHIER, Hist. de la phil., II, p. 458.

°1085) Comme apôtre de la tolérance et comme philosophe sceptique, Voltaire eut un précurseur au XVIIe siècle dans le protestant Pierre BAYLE (1647-1707) qui, dans son Dictionnaire historique et critique, entreprend de montrer que tous les dogmes se valent, parce qu'aucun n'est solidement fondé en raison. Bayle reste de son temps par son attachement à la foi de ses pères, mais il veut que chacun soit libre de ses croyances. Cf. J. DELVOLVÉ, Essai sur Bayle, Paris, 1906. - BRÉHIER, Hist. de la phil., II, p. 296-305.

°1086) Il avait environ 27 ans, d'après ses confidences à Lady Masham.

°1087) Locke avait pris l'habitude de noter ses réflexions et même d'écrire de petits traités; mais ils ne furent publiés que beaucoup plus tard.

°1088) «Nous trouvons dans ses commonplace Books toute une série de petits écrits... Error, Sacerdos, Scriptura sacra, Traditio, Unitaria Trinity sont les titres les plus intéressants parmi ces études» (A. BOÈME, dans Dict. théol. cat. , art. Locke, col. 849-850).

°1089) En 1688, Le Clerc en avait publié un Abrégé dans la Bibliothèque universelle; la deuxième édition, en 1694, contient plusieurs additions et changements. Coste en publia dès 1700 une traduction française revue par Locke lui-même.

°1090) Cf. De arte medica.

°1091) Essai sur l'ent. hum., avant-prop., §2, col. HATIER, p. 13.

°1092) Essai sur l'ent. hum., avant-prop., §7, col. HATIER, p. 18.

°1093) Essai sur l'ent. hum., avant-prop., §2, col. HATIER, p. 14.

°1094) «Le vrai fondateur de la psychologie empirique, de la psychologie considérée comme science des phénomènes internes, c'est Locke» (JANET et SÉAILLES, Hist. de la phil., p. 34).

°1095) Locke fait allusion aux termes scolastiques: phantasma, species. Le premier, en thomisme, désigne l'image d'ordre sensible, spécialement l'objet de l'imagination; le second est plus large et s'applique aux concepts qui sont dans la raison, comme à la connaissance sensible. L'usage correct de ces termes comporte d'ailleurs des nuances délicates que Locke paraît totalement ignorer.

°1096) Essai, Introd., §8; col. HATIER, p. 18-19.

°1097) Essai, l. 2, ch. 1.

°1098) Essai, l. 1, ch. 1., §23, col. Hatier p. 35.

°1099) HERBART DE CHERBURY, théologien appartenant à l'école platonicienne de Cambridge. Dans son De veritate (1628) il se propose d'apaiser les controverses religieuses en distinguant les vérités communes qui sont innées, des autres doctrines où il faut laisser la liberté. Les cinq vérités innées. selon lui, sont: Dieu existe; il faut lui rendre un culte; le culte le meilleur est la vertu; il faut se repentir de ses péchés; il y a des sanctions dans la vie future; cf. Essai, l. 1, ch. 2., §15, col. Hatier p. 55.

°1100) Essai, liv. 2, ch. 1., §5, col. Hatier p. 22.

°1101) Cette démonstration se poursuit dans le l. I, ch. 3, §4-19.

°1102) «A withe paper» (Essai, l. 2, ch. 2, §2); l'expression «table rase» est d'Aristote: cf. plus haut, §83.

°1103) Exemples de Locke, Essai, l. 2, ch. 1, §3.

°1104) Locke lui-même, sans nier la spiritualité de l'âme, ne la croit pas démontrée.

°1105) Essai, l. 2, ch. 8, §9 et 10.

°1106) Cette distinction découlait pour Deacartes de l'identité affirmée entre substance corporelle et étendue; Locke n'admet pas cette identité et s'en réfère à l'expérience.

°1107) Essai, l. 2, ch. 1, § 3-4.

°1108) La distinction entre la vie sensible et les opérations spirituelles est très légitime et capitale pour définir l'âme humaine; mais elle suppose une analyse des faits de conscience à la lumière de principes de psychologie rationnelle préalablement élaborés, comme on le trouve en thomisme.

°1109) Essai, l. 2, ch. 1, §4.

°1110) BRÉHIER, (Hist. de la phil., II, p. 280) signale une troisième catégorie: les Idées simples qui sont à la fois de sensation et de réflexion, comme celles d'existence, de durée et de nombre.

°1111) Pour distinguer ce premier groupe de la catégorie générale des idées complexes ou dérivées, nous les appellerons «idées combinées ou complexes par combinaison».

°1112) Essai, l. 2, ch. 12, §1.

°1113) Essai, l. 2, ch. 23, §1.

°1114) Cette position suggère déjà la solution de Kant (cf. plus bas, §406) et la théorie de l'Inconnaissable de Herbert Spencer (cf. plus bas, §481).

°1115) Essai, l. 2, ch. 28, §1.

°1116) Essai, l. 2, ch. 14, §2, 6, 12. Kant lui aussi attribue spécialement le temps aux phénomènes internes et l'espace aux faits extérieurs; cf. §398.

°1117) «Nous trouvons en nous-mêmes la puissance de commencer, de continuer et de terminer plusieurs actions de notre esprit, et plusieurs mouvements de notre corps, et cela simplement par une pensée ou un choix de notre esprit, qui détermine et commande, pour ainsi dire, que telle ou telle action soit faite ou ne soit pas faite: c'est ce que nous appelons volonté» (Essai, l. 2, ch. 21, §5.),

°1118) Locke appelle «choix» le jugement de l'esprit, tandis que pour S. Thomas, le choix, «electio», est l'acte même de volonté libre; cf. Somme théol., Ia-IIae, q. 13.

°1119) Essai, l. 2, ch. 21, §24.

°1120) Essai, l. 2, ch. 21, §25.

°1121) Cf. JANET et SÉAILLES, Hist. de la phil., p. 340.

°1122) Essai, l. 2, ch. 21, §47 et 50.

°1123) «Radix libertatis est in ratione posita», dit S. Thomas (De veritate, q. 24, art. 2).

°1124) Essai, l. 2, ch. 18, §5.

°1125) Essai, l. 2, ch. 26, §2.

°1126) Ce travail de critique sera accompli par Hume; cf. plus bas, §384.

°1127) Locke parle de l'esprit en général, qui est, selon l'opinion courante, l'intelllgence spirituelle.

°1128) En prenant «science» au sens thomiste; cf. §264.

°1129) C'est celle que Locke semble seulement conserver.

°1130) Essai, l. 2, ch. 30. Les idées simples sont toutes réelles, mais à différents degrés comme nous le dirons plus bas.

°1131) À ce point de vue, la substance est toujours incomplète, puisque nous ignorons l'essence réelle des choses.

°1132) Essai, l. 2, ch. 32, §1.

°1133) Essai, l. 4, ch. 1, §2.

°1134) Essai, l. 4, ch. 9.

°1135) Essai, l. 4, ch. 2, §7.

°1136) Essai, l. 4, ch. 2, §14.

°1137) Cf. GONZALÈS, Hist. de la phil., III, p. 338.

°1138) Aussi, ne faut-il pas s'étonner de voir la doctrine de Locke évoluer vers le phénoménisme positiviste de Hume.

°1139) Essai, l. 4, ch. 10, §1-9.; cf. MARÉCHAL, Point de dép., II, p. 140.

°1140) Kant ne l'admettra plus que comme une loi de la pensée, mais la critériologie thomiste justifie pleinement la valeur réaliste de ce grand principe; cf. §409.

°1141) Cf. BRÉHIER, Hist. de la phil., II, p. 281.

°1142) Essai, l. 2, ch. 33. La stabilité des groupes est garantie par la loi d'association des idées: ébauche de la solution de Hume.

°1143) Cf. plus haut, §374, (2), l'analyse de ces idées, ramenées à celles du plaisir et de la douleur.

°1144) Essai, l. 4, ch. 3, §18.

°1145) Locke proteste aussi à bon droit contre l'emploi presque exclusif des langues anciennes dans l'enseignement du temps; S. Jean-Baptiste de la Salle à la même époque réagissait en France dans le même sens en introduisant la lecture en langue vulgaire.

°1146) Locke ajoute que le droit de propriété est encore soumis à deux conditions: 1) que le possesseur ne laisse pas périr la chose entre ses mains; 2) qu'en s'appropriant certaines choses, il en laisse encore pour les autres; cf. Essai sur le gouvern. civil, ch. 6; GONZALÈS, Hist. de la phil., II, p. 347. Ces théories économiques qui présagent celles de Marx, appellent de graves réserves; cf. plus bas, §482-3.

°1147) «Nihil est in intellectu quin prius fuerit in sensu» dit l'adage d'Aristote; cf. §69, §83, §262.

°1148) MARÉCHAL, Précis d'hist. de phil. mod., I, p. 259.

°1149) W. Molineux avait proposé ce problème à Locke et l'un et l'autre, comme d'ailleurs Berkeley, y répondait négativement. Le fils de ce Molineux était condisciple de Berkeley à Trinity College.

°1150) L'Analyste est un discours adressé à un mathématicien incroyant.

°1151) Il se montra partisan d'une entente avec les catholiques; en 1745, lors de la révolte écossaise en faveur des Stuart, il s'efforça de calmer les esprits par sa Lettres aux catholiques romains du diocèse de Cloyne. Il écrivit encore, dans le même sens pacifique: Mot aux sages (1749) et Maximes de patriotisme (1751).

°1152) «Un médecin de ma connaissance, écrivait à Berkeley J. Percival, à qui j'ai parlé de votre livre des «Principes», dit que vous devez être fou et que vous devez immédiatement prendre des remèdes».

°1153) Le raisonnement est irréfutable, si l'on prend comme point de départ l'empirisme de Locke, enseignant que tout le contenu de nos idées se ramène à des éléments sensibles; mais c'est précisément ce point de départ que conteste à juste titre la doctrine de l'abstraction bien comprise; cf. plus haut, §69 et §374.

°1154) Cf. BRÉHIER, Hist. de la phil., II, p. 345.

°1155) Common Book, 555.

°1156) BRÉHIER, Hist. de la phil., II, p. 345.

°1157) Nous retrouverons cette théorie chez Hume où nous l'apprécierons; cf. §382.

°1158) Si personne n'y pense, elles sont pur néant; mais pour Berkeley, Dieu y pense toujours.

°1159) Cette étendue concrète, seule admissible, n'est pas divisible à l'infini; c'est pourquoi, pour Berkeley, le calcul infinitésimal de Leibniz et de Newton est un travail stérile sur une abstraction creuse.

°1160) Dialogues d'Hylas et de Philonoüs, 1er dial., col. HATIER, p. 29.

°1161) Dialogues d'Hylas et de Philonoüs, 1er dial., col. HATIER, p. 31.

°1162) Dialogues d'Hylas et de Philonoüs, 1er dial., col. HATIER, p. 38.

°1163) Dialogues d'Hylas et de Philonoüs, 1er dial., col. HATIER, p. 38.

°1164) Il ne faut pas confondre ce témoignage des sens avec l'évidence objective d'ordre intellectuel que possède un jugement porté sur l'existence ou la nature de tel objet corporel hors de nous. Pour justifier la valeur de ce jugement, il faut une «démonstration» critique plus profonde que la simple intuition sensible: celle-ci n'en est que le point de départ.

°1165) Dialogues d'Hylas et de Philonoüs, 1er dial., col. HATIER, p. 36.

°1166) En ce sens, Berkeley ne distingue plus la réflexion de la sensation: toutes deux sont également et uniquement des faits de conscience; mais en un autre sens, il admet, comme Locke, deux sources d'idées: l'une externe (Dieu), l'autre interne (la conscience).

°1167) Dialogues d'Hylas et de Philonoüs, 1er dial., col. HATIER, p. 70.

°1168) Dialogues d'Hylas et de Philonoüs, 1er dial., col. HATIER, p. 48.

°1169) Pour Berkeley, toute la réalité de notre corps étant d'être pensé, «lever le bras» par exemple, veut dire être capable de produire la série des sensations kinesthésiques ou visuelles qui forment cet objet: «un bras qui se lève».

°1170) Dire «des objets, qu'ils sont dans l'intelligence», c'est dire «tout simplement que l'intelligence comprend ou perçoit ces objets». Dialogues d'Hylas et de Philonoüs, 1er dial., col. HATIER, p. 74.

°1171) C'est pourquoi Berkeley critiquait les newtoniens qui plaçaient dans les corps une force attractive de gravitation; il admettait certes les lois découvertes par Newton, mais comme réglant la suite de nos sensations.

°1172) Dialogues d'Hylas et de Philonoüs, 1er dial., col. HATIER, p. 46.

°1173) Parole de saint Paul que Berkeley aime à citer; cf. [Ac 17:28].

°1174) Dialogues d'Hylas et de Philonoüs, 1er et 3e dial., col. HATIER, p. 48 et 76.

°1175) Dialogues d'Hylas et de Philonoüs, 1er dial., col. HATIER, p. 66: «Dieu n'a pas de sensations à proprement parler».

°1176) Berkeley cite les discussions sur l'étendue de la matière, sa continuité, son homogénéité, sa divisibilité; la transmission du mouvement, l'interaction des corps, «les formes substantielles, la substance et l'accident, le principe d'individuation, l'origine des idées, faction de l'âme sur le corps», etc.; cf. Dialogues d'Hylas et de Philonoüs, 1er dial., col. HATIER, p. 74-75.

°1177) Siris, No. 337; éd. Fraser, III, p. 286.

°1178) Le XVIIIe siècle, peu enclin aux intuitions platoniciennes, ne retint guère de la Siris que ces considérations curieuses sur l'eau de goudron.

°1179) Rien de moins certain, en particulier, que l'existence du feu subtil, instrument de Dieu.

°1180) Cette intuition n'est d'ailleurs qu'un point de départ qui ne dispense pas de recherches et de raisonnements multiples pour constituer la science de l'âme; cf. §327.

°1181) Le même matériellement, mais vu sous un aspect plus profond; cf. §409.

°1182) Nos sciences n'expriment pas les individus comme individus, mais les propriétés et les lois sont les mêmes en nos sciences et dans le réel, quoique sous deux modes d'être différents, là universel, ici individuel.

°1183) Cette solution fait songer à Malebranche et à la vision en Dieu; mais pour celui-ci, nos sciences atteignent des Idées divines d'ordre intelligible; Berkeley n'admet que des phénomènes sensibles et concrets: «À tout prendre, dit-il, il n'y a pas de principes plus foncièrement opposés que ceux de Malebranche et les miens» (Dialogues d'Hylas et de Philonoüs, 1er dial., col. HATIER, p. 47). La Siris s'en rapproche davantage.

°1184) Dialogues d'Hylas et de Philonoüs, 3e dial., col. HATIER, p. 69.

°1185) On l'appelle souvent aussi un sensualisme; sur ce terme, cf. plus haut, §356.

°1186) Condillac enseigne que dans l'autre vie l'âme immortelle exercera ses facultés supérieures à la sensation.

°1187) Les deux premiers vol. parurent à Londres en 1739; le troisième en 1740.

°1188) Philosophical Essays concerning human understanding, dont le titre devint, à partir de 1758: Inquiry concerning human understanding. Cet ouvrage fut traduit en allemand en 1756 et il eut une grande influence sur la formation du kantisme; cf. plus bas, [§388].

°1189) DIDIER, Hume, p. 5.

°1190) BRÉHIER, Hist. de la phil., II, p. 404.

°1191) Traité de la nat. hum.

°1192) Hume échappait ainsi à la critique de Berkeley, objectant qu'une idée ne peut représenter qu'une autre idée: «il est vrai que toute idée est représentative, mais d'une impression qui est de même nature qu'elle et supérieure seulement en intensité». BRÉHIER, Hist. de la phil., II, p. 406.

°1193) «Pour ce qui est, dit Hume, des impressions provenant des sens, la cause ultime en est, à mon avis, parfaitement inexplicable à la raison humaine». Traité de la nature humaine, livre 1, 3e Partie, sec. 5; trad. David. Oeuvres choisies, p. 109; cf. MARÉCHAL, Point de dép. de la mét., cah. II, p. 151.

°1194) Les idées complexes peuvent être construites à volonté, en sorte qu'il n'y ait pas d'impression complexe correspondante; mais elles se réduisent à des idées simples auxquelles répondent toujours des impressions simples.

°1195) Cf. DIDIER, Hume, p. 8. Cf. Traité de la Nat. hum., livre 1, 1re partie, sec. 2; trad. David, Oeuvres choisies, p. 17.

°1196) Si inné veut dire original, non copié sur une impression précédente, «il faudra dire que nos impressions sont innées et que nos idées ne le sont pas», dit Hume; cf. DIDIER, Hume, p. 7.

°1197) Treatise of human nat., livre 2, sec. 4.

°1198) En termes logiques, quant à la compréhension de l'idée [PDP, §27].

°1199) Treatise of human nat., livre 2, 1re partie, sec. 7; cf. MARÉCHAL, Point de départ de la mét., II, p. 156.

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