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Déclaration conjointe sur la justification,
ou fumer un joint de Modernisme-ification?


Deux filles avec des guirlandes de marijuana, membres du Conseil pontifical pour l'unité des Chrétiens, jouissant d'une déconnection conjointe de la dure réalité doctrinale.
Deux filles avec des guirlandes de marijuana,
membres du Conseil pontifical pour l'unité des Chrétiens,
jouissant d'une déconnection conjointe de la dure réalité doctrinale.
[Source]

1) Introduction

Réjouissez-vous! Cet article commence par une longue analyse d'un document fade, à propos d'un sujet très technique, écrit par d'obscures bureaucrates du Vatican! Sérieusement, aucune raison de se réjouir. Par contre, le document analysé est devenu bizarrement important de nos jours, car les Gauchistes s'en servent pour justifier la «protestantisation» de l'Église catholique. Voilà donc deux bonne raisons pour faire cet effort de lecture: vous immuniser contre ce poison, et accumuler quelques doses d'antidote pour secourir d'autres catholiques autour de vous.

Le dimanche 31 octobre 1999 (la date que les luthériens observent chaque année comme Le Jour de la Réforme), le cardinal Edward Idris Cassidy, président du Conseil pontifical pour l'unité des Chrétiens, a signé pour l'Église catholique un document intitulé «Déclaration conjointe sur la doctrine de la justification», tandis qu'un certain nombre de représentants ont signé pour la Fédération luthérienne mondiale.

Parce que j'essaie de défendre le catholicisme, et malgré ma vieillesse, ma courte période d'attention et mon budget minuscule, je me suis cogné la tête sur cette Déclaration conjointe, dans l'espoir de répondre à quelques questions. Voici le résultat de mon labeur.

2) Déclaration conjointe sur la doctrine de la justification

Texte original sur le site web du Vatican, avec mon style de commentaires habituel. (Aussi, j'ai vu en passant plusieurs grosses erreurs dans la traduction française de ce document sur le site du Vatican, mais je ne les ai pas toutes corrigées ici. Je présume aussi que la version anglaise fait foi, n'ayant pas trouvé d'indications à ce sujet.)

Préambule

1. La doctrine de la justification était centrale pour la Réforme luthérienne du XVIe siècle. Elle était considérée comme «le premier article, l'article capital»[1]à la fois «guide et juge pour tous les autres domaines de la doctrine chrétienne».[2]On y défendait et affirmait surtout l'acception réformatrice et la valeur particulière de la doctrine de la justification face à la théologie et à l'Eglise catholique romaine de l'époque qui, de leur côté, affirmaient et défendaient une doctrine de la justification aux accents différents. Du côté de la Réforme, on considérait cette question comme étant le point de cristallisation de toutes les polémiques. Les confessions de foi luthériennes[3] et le Concile de Trente de l'Eglise catholique romaine ont prononcé des condamnations doctrinales qui restent en vigueur aujourd'hui et dont les conséquences sont causes de séparation entre les Églises.

Elles restent en vigueur et sont encore cause de séparation entre les églises? Est-il normal pour le préambule d'un document de contredire ses conclusions?

2. Pour la tradition luthérienne, la doctrine de la justification a gardé cette fonction particulière. C'est pour cela qu'une place importante lui revint dès le début du dialogue officiel luthérien-catholique.

3. On se référera avant tout aux rapports L'Evangile et l'Eglise (1972)[4] et Eglise et Justification (1994)[5]de la Commission internationale catholique-luthérienne, au rapport La justification par la foi (1983)[6]du dialogue luthérien-catholique aux Etats-Unis, et à l'étude Les anathèmes du XVIe siècle sont-ils encore actuels?(1986) [7] du Groupe de Travail oecuménique de théologiens protestants et catholiques en Allemagne. Certains de ces rapports de dialogue ont connu une réception officielle. Un exemple important est la réception des conclusions de l'étude sur les anathèmes du XVIe siècle. L'Eglise évangélique luthérienne unie allemande a, avec d'autres Eglises protestantes allemandes, rédigé une prise de position à laquelle a été conférée la plus grande reconnaissance ecclésiale possible (1994).[8]

4. Dans leurs discussions de la doctrine de la justification, tous les rapports de dialogue ainsi que les prises de position qui s'y réfèrent montrent un haut degré d'accord dans leurs approches et leurs conclusions. Le temps est mûr pour un bilan et une récapitulation des résultats des dialogues à propos de la justification, de telle manière que nos Eglises soient informées avec la précision et la concision qui conviennent des conclusions de ce dialogue

...OK, je lis...

et qu'elles soient en mesure de prendre position de manière autorisée.

Alors des décisions autorisées n'ont pas été prises. Ce n'est jamais ce que j'entends lorsque des gens réfèrent à ce document. Ils prétendent toujours que ce document est une preuve que ces décisions autorisées ont déjà été prises.

5. Telle est l'intention de la présente Déclaration commune. Elle veut montrer que désormais, sur la base de ce dialogue,

les Eglises luthériennes signataires

Pourquoi «églises luthériennes» au pluriel? Parce qu'elles ne peuvent même pas s'entendre entre elles? Et ce n'est pas seulement «les églises luthériennes», c'est «les églises luthériennes signataires». Est-ce à dire que toutes ne sont pas d'accord? La Main Gauche du luthérianisme sait-elle ce que la Main Droite du luthérianisme fait ou croit? Comment pourrions-nous arriver à un accord avec un tas d'églises désorganisé?

Un lecteur vif d'esprit remarque aussi qu'environ neuf mois après la signature de cette Déclaration conjointe, la Congrégation pour la doctrine de la Foi sous Ratzinger a dit:

les Communautés ecclésiales qui n'ont pas conservé l'épiscopat valide et la substance authentique et intégrale du mystère eucharistique, ne sont pas des Églises au sens propre
[Dominus Iesus, N° 17, mes gras]

et l'Eglise catholique romaine [9] sont en mesure d'énoncer une compréhension commune de notre justification par la grâce de Dieu au moyen de la foi en Christ. Cette déclaration ne contient pas tout ce qui est enseigné dans chacune des Eglises à propos de la justification; elle exprime cependant un consensus sur des vérités fondamentales de la doctrine de la justification et montre que

les différences restantes dans son explication ne sont plus susceptibles de provoquer des condamnations doctrinales.

Nous y reviendrons plus loin.

6. Notre déclaration n'est pas une présentation nouvelle et autonome qui s'ajouterait aux rapports des dialogues et aux documents précédents ; elle ne veut en rien les remplacer. Elle se réfère, comme le montre l'annexe sur ses sources, à ces textes et à leurs argumentations.

Voilà un autre aspect bizarre de cette Déclaration: non seulement elle n'a pas force exécutoire sur l'Église catholique ou le tas d'églises luthériennes (qui ne sont peut-être même pas en pleine communion les unes avec les autres), mais cette Déclaration est un document basé sur d'autres documents (les rapports de dialogue), eux-mêmes basés sur d'autres documents (les enseignements officiels réels de l'Église catholique, et ceux des églises luthériennes). C'est donc un document relatif aux documents relatifs aux documents! Prosternons-nous tous devant la Trinité Impie de la Bureaucratie! (Sérieusement, non. Nous devrions court-circuiter l'intermédiaire.)

7. Tout comme les dialogues, cette déclaration commune est portée par la conviction que le dépassement des condamnations et des questions jusqu'alors controversées ne signifie pas que les séparations et les condamnations soient prises à la légère ou que le passé de chacune de nos traditions ecclésiales soit désavoué. Elle est cependant portée par la conviction que de nouvelles appréciations adviennent dans l'histoire de nos Eglises et y génèrent des évolutions qui non seulement permettent mais exigent que les questions séparatrices et les condamnations soient vérifiées et réexaminées sous un angle nouveau.

Hou la la! Ça sonne vraiment comme du Catholais! Donc le passé est vraiment arrivé, et les condamnations étaient vraies, et nous ne désavouons pas ces condamnations, mais ces condamnations ne sont plus vraies? Parce que la Foi catholique a changé? Parce que la foi luthérienne a changé? Je suis un peu perdu ici.

1. Le message biblique de la justification

8. Notre manière commune de nous mettre à l'écoute de la Parole de Dieu dans l'Ecriture Sainte a conduit à ces appréciations nouvelles. Nous écoutons ensemble l'Evangile qui nous dit que «Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils, son unique, pour que tout homme qui croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle » (Jn 3, 16). Cette bonne nouvelle est présentée dans l'Ecriture Sainte de diverses manières. Dans l'Ancien Testament nous entendons la parole de Dieu qui nous parle du péché humain (Ps 51, 1-5; Dn 9, 5s. ; Qo 8, 9s. ; Esd 9, 6s.), de la désobéissance humaine (Gn 3, 1-19 ; Ne 9, 16s.26), de la justice (Es 46, 13 ; 51, 5-8 ; 56, 1 ; [cf. 53, 11] ; Jr 9, 24) et du jugement de Dieu (Qo 12, 14 ; Ps 9, 5s. ; 76, 7-9).

9. Dans le Nouveau Testament, Matthieu (5, 10 ; 6, 33 ; 21, 32), Jean (16, 8-11), l'épître aux Hébreux (5, 13 ; 10, 37s.) et l'épître de Jacques (2, 14-26) n'abordent pas de la même manière les thèmes «justice» et «justification».[10] Même les différentes épîtres pauliniennes évoquent le don du salut de diverses manières: comme «libération en vue de la liberté» (Ga 5, 1-13 ; cf. Rm 6, 7), comme « réconciliation avec Dieu» (2 Co 5, 18-21 ; cf. Rm 5, 11), comme «paix avec Dieu» (Rm 5, 1), comme «nouvelle création» (2 Co 5, 17), comme «vie pour Dieu en Christ Jésus» (Rm 6, 11.23), ou comme «sanctification en Christ Jésus» (cf. 1 Co 1, 2 ; 1, 30 ; 2 Co 1, 1).Parmi ces descriptions, une place particulière revient à celle de la «justification» du pécheur par la grâce de Dieu par le moyen de la foi (Rm 3, 23-25) qui a été plus particulièrement mise en avant à l'époque de la Réforme.

10. Paul décrit l'Evangile comme puissance de Dieu en vue du salut de la personne humaine tombée sous le pouvoir du péché: comme message qui proclame «que la justice de Dieu est révélée par la foi et pour la foi» (Rm 1, 16s.) et qui donne la « justification» (Rm 3, 21-31). Il proclame Christ comme étant «notre justice» (1 Co 1, 30) en appliquant au Seigneur ressuscité ce que Jérémie avait annoncé à propos de Dieu lui-même (Jr 23, 6).Toutes les dimensions de son oeuvre salvatrice ont leur racine dans la mort et la résurrection du Christ, car il est «notre Seigneur livré pour nos fautes et ressuscité pour notre justification» (Rm 4, 25). Tous les êtres humains ont besoin de la justice de Dieu car «tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu» (Rm 3, 23 ; cf. Rm 1, 18-3, 20 ; 11, 32; Ga 3, 22). Dans l'épître aux Galates (3, 6) et dans celle aux Romains (4, 3-9), Paul comprend la foi d'Abraham (Gn 15, 6) comme foi en ce Dieu qui justifie le pécheur (Rm 4, 5). Il fait appel au témoignage de l'Ancien Testament pour souligner son Evangile proclamant que la justice est conférée à tous ceux qui, comme Abraham, placent leur confiance en la promesse de Dieu.«Le juste vivra par la foi» (Ha 2, 4 ; cf. Ga 3, 11 ; Rm 1, 17). Dans les épîtres pauliniennes la justice de Dieu est également puissance de Dieu pour chaque croyant (Rm 1, 16s.). En Christ il la laisse être notre justice (2 Co 5, 21). La justification nous est conférée par Christ Jésus «que Dieu a destiné à servir d'expiation par son sang par le moyen de la foi» (Rm 3, 25 ; cf. 3, 21-28). «C'est par la grâce en effet, que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi ; vous n'y êtes pour rien ; c'est le don de Dieu» (Ep 2, 8s.).

11. La justification est pardon des péchés (Rm 3, 23-25 ; Ac 13, 39 ; Lc 18, 14), libération du pouvoir de domination du péché et de la mort (Rm 5, 12-21) et de la malédiction de la loi (Ga 3, 10-14). Elle est accueil dans la communion avec Dieu, déjà maintenant, puis en plénitude dans le règne à venir (Rm 5, 1s.).Elle unit au Christ, à sa mort et à sa résurrection (Rm 6, 5). Elle advient par le don du Saint-Esprit dans le baptême en tant qu'incorporation dans l'unique corps (Rm 8, 1s. 9s. ; 1 Co 12, 12s.). Tout cela vient de Dieu seul, à cause du Christ, par la grâce par le moyen de la foi en «l'Évangile du Fils de Dieu» (Rm 1, 1-3).

12. Les justifiés vivent de la foi qui naît de la parole du Christ (Rm 10, 17) et qui agit dans l'amour (Ga 5, 6), lui-même fruit de l'Esprit (Ga 5, 22s.). Mais vu que des puissances et des convoitises extérieures et intérieures continuent à tenter les croyants (Rm 8, 35-39 ; Ga 5, 16-21) et que ceux-ci tombent dans le péché (1 Jn 1, 8.10), il faut qu'ils se mettent toujours plus à l'écoute des promesses de Dieu, reconnaissent leurs péchés (1 Jn 1, 9), participent au corps et au sang du Christ et soient exhortés à vivre avec droiture conformément à la volonté de Dieu. C'est la raison pour laquelle l'Apôtre dit aux justifiés: «Avec crainte et tremblement mettez en oeuvre votre salut, car c'est Dieu qui fait en vous et le vouloir et le faire selon son dessein bienveillant» (Ph 2, 12s.). Mais la bonne nouvelle demeure: «Il n'y a donc maintenant plus aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus Christ» (Rm 8, 1) et en qui le Christ vit (Ga 2, 20). Par l'oeuvre de justice du Christ, il y aura «pour tous les hommes la justification qui donne la vie» (Rm 5, 18).

Belles citations de la Bible.

2. La doctrine de la justification comme problème oecuménique

13. Les interprétations et applications contradictoires du message biblique de la justification ont été au XVIe siècle une raison principale de la division de l'Eglise occidentale ; les condamnations doctrinales en témoignent. De ce fait, une compréhension commune de la justification est fondamentale et indispensable pour surmonter la division des Eglises.

La réception des données des sciences bibliques, de l'histoire de la théologie et de l'histoire des dogmes a permis de parvenir, dans le dialogue oecuménique depuis le deuxième Concile du Vatican, à un rapprochement significatif à propos de la doctrine de la justification. Ce rapprochement permet de formuler dans cette déclaration commune un consensus sur des vérités fondamentales de la doctrine de la justification à la lumière duquel les condamnations doctrinales correspondantes du XVIe siècle ne concernent plus aujourd'hui le partenaire.

OK, donc les condamnations ne sont plus valables, parce que les catholiques étaient stupides et ignorants à l'époque, mais nous sommes maintenant beaucoup plus intelligents, parce que nous sommes Modernes et Éclairés? Mais n'avons-nous pas dit juste ci-haut que les condamnations étaient encore valides?

Nous y reviendrons plus loin.

3. La compréhension commune de la justification

14. L'écoute commune de la Bonne Nouvelle proclamée dans l'Ecriture Sainte ainsi que les dialogues théologiques de ces dernières années entre les Eglises luthériennes et l'Eglise catholique romaine ont conduit à une approche commune de la conception de la justification. Tout cela comporte un consensus dans des vérités fondamentales ; les divers éclaircissements concernant des arguments particuliers sont compatibles avec ce consensus.

Même commentaire que ci-haut.

15. Notre foi commune proclame que la justification est l'oeuvre du Dieu trinitaire. Le Père a envoyé son Fils dans le monde en vue du salut du pécheur. L'incarnation, la mort et la résurrection de Christ sont le fondement et le préalable de la justification. De ce fait, la justification signifie que le Christ lui-même est notre justice, car nous participons à cette justice par l'Esprit Saint et selon la volonté du Père.

Nous confessons ensemble: c'est seulement par la grâce au moyen de la foi en l'action salvifique du Christ, et non sur la base de notre mérite, que nous sommes acceptés par Dieu et que nous recevons l'Esprit Saint qui renouvelle nos coeurs, nous habilite et nous appelle à accomplir des oeuvres bonnes.[11]

Vraiment? Qu'est-ce que l'Église catholique enseigne précisément à propos de la justification? Autant que je sache, si nous voulons savoir ce que les catholiques confessent à propos d'un tel sujet, nous devons considérer au moins deux sources, en plus de la Bible:

- Le Concile de Trente (qui, ne l'oublions pas, a été convoqué spécifiquement pour régler le cas de Luther et ses petits copains), au moins la Session VI sur la Justification avec les Canons qui y sont annexés;

- Le Catéchisme de l'Église catholique, sur la justification, la grâce et le mérite, paragraphes §1987 à §2011 (à tout le moins).

Trente dit très clairement qu'il a l'intention de décrire ce mystérieux «ensemble nous confessons»:

La sixième session: DÉCRET SUR LA JUSTIFICATION [...]

Après avoir exposé la doctrine catholique concernant la justification, que chacun recevra fidèlement et fermement pour être justifié, le saint concile a jugé bon d'y joindre les canons suivants, pour que tous sachent non seulement ce qu'ils doivent tenir et suivre, mais aussi ce qu'ils doivent éviter et fuir.
SUR LA JUSTIFICATION

[Ici il y a les Canons I à XXXII, et enfin:]

CANON XXXIII. - Si quelqu'un dit que, par la doctrine catholique touchant la justification, par ce saint Synode inséré dans le présent décret, la gloire de Dieu, ou les mérites de notre Seigneur Jésus-Christ, sont dérogés de quelque façon que ce soit, et non la vérité de notre foi, et la gloire in fine de Dieu et de Jésus-Christ sont rendues (plus) illustres; qu'il soit anathème.
[Source]

Manifestement, personne ne peut prétendre qu'«ensemble nous confessons» quoi que ce soit au sujet de la justification, si cela ne correspond pas à ces canons.

16. Tous les êtres humains sont appelés par Dieu au salut en Christ.

Nous sommes justifiés en lui seul lorsque nous recevons ce salut dans la foi.

Parce que cette déclaration est si brève et si vague, autant les catholiques que les luthériens peuvent la lire, chacun interprétant ces mots différemment, en fonction de leurs propres doctrines différentes. Vous pouvez donc créer l'illusion que les catholiques et les luthériens sont d'accord, tant que vous n'analysez pas ce qui est convenu. En d'autres termes, c'est un exemple classique de lancer un Escher.

La foi elle-même est don de Dieu par le Saint-Esprit qui agit dans la communauté des croyants par la parole et les sacrements et conduit les croyants vers ce renouvellement de la vie que Dieu parachève dans la vie éternelle.

17. Ensemble nous sommes convaincus que le message de la justification nous renvoie d'une manière particulière au centre du témoignage néo-testamentaire de l'agir salvateur de Dieu en Christ:

il nous dit que, pécheurs, nous ne devons notre vie nouvelle qu'à la miséricorde de Dieu qui nous pardonne et fait toute chose nouvelle, une miséricorde qui nous est offerte et est reçue dans la foi et que nous ne pouvons jamais mériter sous quelque forme que ce soit.

Même commentaire que ci-haut.

18. Pour ces raisons, la doctrine de la justification, qui reprend et développe ce message, n'est pas seulement une partie de l'enseignement chrétien. Elle se situe dans un lien essentiel à toutes les vérités de la foi qui doivent être considérées dans leur interdépendance interne.

Elle est un critère indispensable qui renvoit sans cesse au Christ l'ensemble de la doctrine et de la pratique des Eglises.

Il n'y a qu'une seule Église du Christ, pas plusieurs. Alors si ce critère «renvoyait au Christ» aussi incessamment que ça, nous n'aurions pas de désaccord, non?

Lorsque les luthériens insistent sur la signification particulière de ce critère, ils ne nient pas l'interrelation et le sens de toutes les vérités de la foi. Lorsque les catholiques se savent redevables de plusieurs critères, ils ne nient pas la fonction spécifique du message de la justification.

Alors tout le monde a raison et personne n'a tort, malgré le fait qu'ils affirment des affirmations irréconciliables?

Ensemble, luthériens et catholiques ont pour but de confesser partout le Christ, de placer en lui seul leur confiance car il est le seul médiateur (1 Tm 2, 5s.) par lequel Dieu se donne lui-même dans l'Esprit Saint et offre ses dons renouvelants [cf. les sources pour chap. 3].

4. Le développement de la compréhension commune de la justification

4.1 L'incapacité et le péché de la personne humaine face à la justification

19. Nous confessons ensemble que la personne humaine est pour son salut entièrement dépendante de la grâce salvatrice de Dieu.

Très bref et vague, alors il n'est pas surprenant que ça semble compatible avec ces deux Canons:

CANON I. - Si quelqu'un dit que l'homme peut être justifié devant Dieu par ses oeuvres - que celles-ci soient accomplies par les forces de la nature humaine ou par l'enseignement de la loi - sans la grâce divine venant par Jésus Christ: qu'il soit anathème.

CANON III. - Si quelqu'un dit que, sans l'inspiration prévenante du Saint-Esprit et sans son aide, l'homme peut croire, espérer et aimer, ou se repentir, comme il le faut, pour que lui soit accordée la grâce de la justification: qu'il soit anathème.

La liberté qui est la sienne face aux personnes et aux choses de ce monde n'est pas une liberté vis-à-vis de son salut. Ceci signifie: en tant que pécheur il est placé sous le jugement de Dieu et incapable de se tourner de lui-même vers Dieu en vue de son salut, voire de mériter sa justification devant Dieu ou d'atteindre son salut par ses propres forces.

Ici aussi, semble compatible avec les Canons I et III.

La justification est opérée par la grâce de Dieu seule.

En quel sens «seule»? Est-ce que c'est catholique de dire ça?

CANON IV. - Si quelqu'un dit que le libre arbitre de l'homme, mû et poussé par Dieu, ne coopère en rien quand il acquiesce à Dieu, qui le pousse et l'appelle à se disposer et préparer à obtenir la grâce de la justification, et qu'il ne peut refuser d'acquiescer, s'il le veut, mais que tel un être inanimé il ne fait absolument rien et se comporte purement passivement: qu'il soit anathème. [mes gras]

La justification établit la collaboration entre la grâce de Dieu et la liberté de l'homme. Elle s'exprime du côté de l'homme dans l'assentiment de la foi à la Parole de Dieu qui l'invite à la conversion, et dans la coopération de la charité à l'impulsion de l'Esprit Saint qui le prévient et le garde
[CÉC, §1993, mes gras]

Parce que les catholiques et les luthériens confessent cela ensemble, on peut dire que:

20. Lorsque les catholiques affirment que, lors de la préparation en vue de la justification et de son acceptation, la personne humaine «coopère» par son approbation à l'agir justifiant de Dieu, ils considèrent une telle approbation personnelle comme étant une action de la grâce

et et non pas le résultat d'une action provenant de capacités humaines innées.

Le Canon V dit que nous avons vraiment le libre-arbitre:

CANON V. - Si quelqu'un dit que, après le péché d'Adam, le libre arbitre de l'homme a été perdu et éteint, ou qu'il est une réalité qui n'en porte que le nom, bien plus un nom sans réalité, une fiction enfin introduite par Satan dans l'Église: qu'il soit anathème.

La «co-opération» est impossible s'il n'y a qu'un seule volonté d'impliquée. Nous méritons vraiment:

CANON XXXII.- Si quelqu'un dit que les bonnes oeuvres de l'homme justifié sont les dons de Dieu, en telle sorte qu'elles ne soient pas aussi de bons mérites du justifié ; ou que, par les bonnes oeuvres qu'il fait par la grâce de Dieu et les mérites du Christ (dont il est un membre vivant), le justifié ne mérite pas vraiment un accroissement de la grâce, la vie éternelle et (s'il meurt dans la grâce) l'entrée dans la vie éternelle, ainsi que l'accroissement de gloire: qu'il soit anathème. [mes gras]

Aussi le Canon 9, qui semble vraiment parler de «capacités humaines innées»:

CANON IX. - Si quelqu'un dit que l'impie est justifié par la seule foi, entendant par là que rien d'autre n'est requis pour coopérer à l'obtention de la grâce, et qu'il ne lui est en aucune manière nécessaire de se préparer et disposer par un mouvement de sa volonté: qu'il soit anathème. [mes gras]

21. Dans la compréhension luthérienne, la personne humaine est incapable de coopérer à son salut car elle s'oppose en tant que pécheur d'une manière active à Dieu et à son agir salvateur. Les luthériens ne nient pas que la personne humaine puisse refuser l'action de la grâce. Lorsqu'ils affirment qu'elle ne peut que recevoir la justification (mere passive), ils nient par là toute possibilité d'une contribution propre de la personne humaine à sa justification mais non sa pleine participation personnelle dans la foi, elle-même opérée par la parole de Dieu [cf. les sources pour le chap. 4.1.].

Même commentaire que ci-haut.

4.2 La justification pardonne les péchés et rend juste

Jorge Mario Bergoglio devant statue de Luther au Vatican.
Jorge Mario Bergoglio devant statue de Luther au Vatican.
[Source]

22. Nous confessons ensemble que, par la grâce, Dieu pardonne son péché à la personne humaine et que simultanément, en sa vie, il la libère du pouvoir asservissant du péché en lui offrant la vie nouvelle en Christ. Lorsque la personne humaine a part au Christ dans la foi, Dieu ne lui impute pas son péché et opère en elle, par l'Esprit Saint, un amour agissant. Ces deux aspects de l'agir salvateur de Dieu ne doivent pas être séparés. Le pardon des péchés et la présence sanctifiante de Dieu sont intrinsèquement liés par le fait que la personne humaine est, dans la foi, unie au Christ qui, dans sa personne, est notre justice (1 Co 1, 30).

Parce que les catholiques et les luthériens confessent cela ensemble, on peut dire que:

23. Lorsque les luthériens insistent sur le fait que la justice du Christ est notre justice, ils veulent avant tout affirmer que par la déclaration du pardon le pécheur reçoit la justice devant Dieu en Christ et que sa vie n'est renouvelée qu'en union au Christ. Lorsqu'ils disent que la grâce de Dieu est amour pardonnant [«faveur de Dieu»[12]], ils ne nient pas le renouvellement de la vie des chrétiens mais veulent affirmer que

la justification demeure libre de toute coopération humaine

et ne dépend pas non plus des conséquences régénératrices de la grâce en la personne humaine.

J'avoue ne pas être très futé, mais je ne vois pas trop comment réconcilier ça avec les Canons N° 4, N° 5 et N° 9, et CÉC §1999, etc.

24. Lorsque les catholiques affirment que le renouvellement de l'être intérieur est offert au croyant par la réception de la grâce,[13] ils veulent insister sur le fait que la grâce pardonnante de Dieu est toujours liée au don d'une vie nouvelle qui par l'Esprit Saint s'exprime dans un amour agissant

ce disant, ils ne nient pas que le don divin de la grâce demeure, dans la justification, indépendant de la coopération humaine.

Voir commentaire ci-haut.

4.3 Justification par la grâce au moyen de la foi

25. Nous confessons ensemble que le pécheur est justifié au moyen de la foi en l'oeuvre salvatrice de Dieu en Christ.

Autant que je le sache, les luthériens sont célèbres pour leur concept de justification comme «sola fide» et comme «acte juridique (actus forensis) par lequel Dieu déclare le pécheur justifié, bien qu'il reste intrinsèquement injuste et pécheur» (Ott, page 250). D'un autre côté, les catholiques expriment clairement ce que la justification produit:

CANON XI. - Si quelqu'un dit que les hommes sont justifiés ou bien par la seule imputation de la justice du Christ, ou bien par la seule rémission des péchés, à l'exclusion de la grâce et de la charité qui est répandue dans leurs coeurs par l'Esprit Saint Rm 5,5 et habite en eux, ou encore que la grâce par laquelle nous sommes justifiés est seulement la faveur de Dieu: qu'il soit anathème.

ce salut lui est offert par l'Esprit Saint dans le baptême en tant que fondement de toute sa vie chrétienne. Dans la foi justifiante, la personne humaine place sa confiance en la promesse miséricordieuse de Dieu, une foi qui embrasse l'espérance placée en Dieu et l'amour. Cette foi est active dans l'amour ; c'est pour cela que le chrétien ne peut et ne doit pas demeurer sans oeuvres.

Mais tout ce qui dans la personne humaine précède et suit le don libre de la foi, n'est pas la cause de la justification et ne la mérite pas.

Pourquoi être vague? Pourquoi ne citent-ils pas les chapitres pertinents de Trente: «Chapitre VI. Mode de la préparation» et «Chapitre VII. La justification de l'impie et ses causes»?

26. Selon la compréhension luthérienne, Dieu justifie le pécheur par la foi seule (sola fide). Dans la foi, la personne humaine place toute sa confiance en son créateur et sauveur et est ainsi en communion avec lui. Dieu lui-même provoque cette foi en créant pareille confiance par sa parole créatrice. Parce qu'il est nouvelle création, cet acte divin concerne toutes les dimensions de la personne et conduit à une vie dans l'espérance et dans l'amour. Ainsi l'enseignement de «la justification par la foi seule» distingue mais ne sépare pas la justification et le renouvellement de la vie qui est une conséquence nécessaire de la justification et sans lequel il ne saurait y avoir de foi. En outre, cela montre quel est le fondement de ce renouvellement. Celui-ci naît de l'amour de Dieu offert à la personne humaine dans la justification. Justification et renouvellement de la vie sont intimement unis dans le Christ qui est présent dans la foi.

Manifestement, je ne suis pas qualifié pour savoir ce que les luthériens croient.

27. La compréhension catholique insiste, elle aussi, sur le caractère fondamental de la foi pour la justification ; sans elle il ne saurait y avoir de justification. Auditrice de la parole et croyante, la personne humaine est justifiée par son baptême. La justification du pécheur est pardon des péchés et réalisation de la justice par la grâce justifiante qui fait de nous des enfants de Dieu. Dans la justification, les justifiés reçoivent du Christ la foi, l'espérance et l'amour et sont ainsi reçus dans la communion avec lui.[14] Cette nouvelle relation personnelle à Dieu est exclusivement fondée dans la miséricorde de Dieu et demeure toujours dépendante de l'oeuvre créatrice et salvatrice du Dieu miséricordieux qui est fidèle à lui-même et en qui la personne humaine peut, pour cette raison, placer sa confiance. Il en résulte que la grâce justifiante ne devient jamais une possession de la personne dont cette dernière pourrait se réclamer face à Dieu. Si la compréhension catholique insiste sur le renouvellement de la vie par la grâce justifiante, ce renouvellement dans la foi, l'espérance et l'amour est toujours dépendant de la gratuité de la grâce de Dieu et exclut toute contribution de l'homme à la justification dont il pourrait s'enorgueillir devant Dieu (Rm 3, 27) [cf. sources pour le chapitre 4.3.].

Oui, mais pourquoi ne pas être clair? Voir mon commentaire ci-haut.

4.4 L'être pécheur du justifié

28. Nous confessons ensemble que, dans le baptême, le Saint-Esprit unit la personne humaine au Christ, la justifie et la renouvelle effectivement. Malgré cela, le justifié demeure sa vie durant et constamment dépendant de la grâce de Dieu qui le justifie sans conditions. Il n'est pas soustrait au pouvoir toujours encore affluant du péché et à son emprise (cf. Rm 6, 12-14), il n'est pas dispensé de combattre perpétuellement la convoitise égoïste du vieil homme qui le met en opposition à Dieu (cf. Ga 5, 16 ; Rm 7, 7.10). Même le justifié doit quotidiennement implorer le pardon de Dieu comme dans le Notre-Père (Mt 6, 12 ; 1 Jn 1, 9).

Il est constamment appelé à la conversion et à la repentance,

Même la Vierge Marie? Pourquoi l'Immaculée n'est-elle pas mentionnée ici?

et le pardon lui est toujours à nouveau accordé.

Automatiquement? Et sans un prêtre catholique et le Sacrement de la Confession?

CANON XXIX. - Si quelqu'un dit que celui qui est tombé après le baptême ne peut pas se relever avec la grâce de Dieu, ou qu'il peut certes recouvrer la justice perdue, mais par la seule foi, sans le sacrement de la pénitence, comme l'a jusqu'ici professé, gardé et enseigné la sainte Église romaine universelle, instruite par notre Seigneur et les apôtres: qu'il soit anathème.

29. Les luthériens veulent exprimer cela lorsqu'ils disent que le chrétien est «à la fois juste et pécheur»: Il est entièrement juste car Dieu lui pardonne son péché par la parole et le sacrement, et lui accorde la justice du Christ qui dans la foi devient la sienne et fait de lui, en Christ et devant Dieu, une personne juste. Face à lui-même cependant, il reconnaît par la loi qu'il demeure aussi totalement pécheur,

Quoi? Après «la parole et le sacrement», ils sont encore en état de péché mortel?

que le péché habite encore en lui (1 Jn 1, 8; Rm 7, 17.20) car il ne cesse de placer sa confiance dans de faux dieux et n'aime pas Dieu avec cet amour sans partage que Dieu, son créateur, exige de lui (Dt 6, 5 ; Mt 22, 36-40 par.). Cette opposition à Dieu est en tant que telle véritablement péché. Cependant, par le mérite du Christ, le pouvoir aliénant du péché est brisé: le péché n'est plus péché «dominant» le chrétien car il est «dominé» par le Christ auquel le justifié est lié par la foi ; ainsi, tant qu'il vit sur terre, le chrétien peut, du moins partiellement, mener une vie dans la justice. Malgré le péché, le chrétien n'est plus séparé de Dieu car, né de nouveau par le baptême et le Saint-Esprit, il reçoit le pardon de son péché par le retour quotidien à son baptême ; ainsi son péché ne le condamne plus et n'entraîne plus sa mort éternelle.[15]Lorsque les luthériens affirment que le justifié est aussi pécheur et que son opposition à Dieu est véritablement péché, ils ne nient pas que, malgré le péché, le justifié n'est plus, en Christ, séparé de Dieu et que son péché est un péché dominé.

En cela ils s'accordent avec le partenaire catholique-romain

Eh bien, s'ils sont en accord, pourquoi ne pas tout simplement signer les Canons du Concile de Trente sur la Justification, et en avoir le coeur net? Aussi, comment peut-on recevoir la grâce sanctifiante, et être encore dans le péché? N'est-ce pas une contradiction dans les termes?

malgré les différences dans la compréhension du péché du justifié.

30. Les catholiques considèrent que la grâce de Jésus Christ conférée dans le baptême extirpe tout ce qui est «vraiment» péché, tout ce qui est «condamnable» (Rm 8, 1).[16] Ils affirment cependant qu'une tendance venant du péché et poussant au péché (concupiscence) subsiste en la personne humaine. Etant donné que

selon la conviction catholique,

Selon «la conviction catholique», oui, mais aussi selon Jésus-Christ. Vous semblez très désireux de ramener constamment les enseignements de l'Église catholique au niveau de «juste une autre opinion sur le marché des religions».

un élément personnel est requis pour qu'il y ait péché humain, ils considèrent que l'absence de cet élément ne permet plus d'appeler péché au sens propre du terme la tendance opposée à Dieu. Ils ne veulent pas, par là, nier le fait que cette inclination ne correspond pas au dessein originaire de Dieu sur l'humanité, ni qu'elle se pose objectivement en contradiction avec Dieu et qu'elle est l'objet d'un combat de toute une vie ; dans la reconnaissance pour le salut reçu du Christ, ils veulent souligner que cette tendance opposée à Dieu ne mérite pas la punition de la mort éternelle[17]et qu'elle ne sépare plus le justifié de Dieu. Si, cependant, le justifié se sépare volontairement de Dieu, il ne suffit pas qu'il reprenne à observer les commandements. Il faut qu'il reçoive, dans le sacrement de la réconciliation, le pardon et la paix qui lui sont accordés par moyen de la parole du pardon qui lui est conféré en vertu de l'oeuvre de réconciliation de Dieu dans le Christ [cf. sources pour le chapitre 4.4.].

OK, alors ..., les luthériens sont-ils d'accord avec tout ça? N'est-ce pas le but de ce document? Pourquoi dire constamment: «Nous croyons ceci, eux croient cela», alors que c'est censé être une déclaration conjointe? Pouvez-vous imaginer deux personnes essayant de s'accorder sur un contrat, comme pour acheter et vendre une maison, ou une voiture, etc., où l'acheteur a un contrat pour la transaction, et le vendeur a un autre contrat pour la même transaction? Imaginez s'il y avait un litige, et qu'ils aboutissaient devant un juge. Pouvez-vous imaginer le visage du juge, quand les parties lui expliqueraient qu'il y a deux contrats différents, pour la même transaction? Le juge oublierait tout décorum et éclaterait de rire! Ensuite, il demanderait au policier du tribunal de jeter ces deux clowns hors de sa salle d'audience!

4.5 Loi et Evangile

31. Nous confessons ensemble que l'homme est justifié par la foi en l'Evangile « indépendamment des oeuvres de la loi» (Rm 3, 28).

Oui, dans un sens, mais il y a encore les Canons N° 9 et N° 32.

Le Christ a accompli la loi et l'a dépassée en tant que chemin du salut par sa mort et sa résurrection. Nous confessons aussi que les commandements de Dieu gardent leur validité pour les justifiés et que le Christ exprime par sa parole et sa vie la volonté de Dieu qui demeure aussi pour le justifié une règle de conduite.

32. Les luthériens font remarquer que distinguer et articuler correctement loi et Evangile est essentiel pour la compréhension de la justification. La loi, dans son usage théologique, est exigence et accusation. Chaque homme et chaque chrétien aussi, toute la vie durant, en tant qu'il est pécheur, est sujet à cette accusation et la loi dévoile ses péchés, de sorte qu'il puisse se tourner pleinement dans la foi en l'Evangile vers la miséricorde de Dieu en Christ

Voir commentaire ci-haut.

qui seule justifie.

Voir commentaire ci-haut.

33. La loi, en tant que chemin du salut, étant accomplie et dépassée par l'Evangile, les catholiques peuvent dire que le Christ n'est pas un législateur comparable à Moïse.

Le Christ n'est pas un législateur?

CANON XXI. - Si quelqu'un dit que le Christ Jésus a été donné par Dieu aux hommes comme rédempteur, en qui se confier, et non pas aussi comme législateur à qui obéir: qu'il soit anathème.

Lorsque les catholiques affirment que le justifié doit respecter les commandements de Dieu, ils ne nient pas que la grâce de la vie éternelle est miséricordieusement promise aux enfants de Dieu par Jésus Christ[18] [cf. sources pour le chapitre 4.5.].

Ambigu. La Vie Éternelle est promise, oui, mais conditionnellement, ou inconditionnellement?

CANON XXIV. - Si quelqu'un dit que la justice reçue ne se conserve pas et même ne s'accroît pas devant Dieu par les bonnes oeuvres, mais que ces oeuvres ne sont que le fruit et le signe de la justification obtenue et non pas aussi la cause de son accroissement: qu'il soit anathème. [mes gras]

4.6 La certitude du salut

34. Nous confessons ensemble que les croyants peuvent compter sur la miséricorde et les promesses de Dieu. Même face à leurs propres faiblesses et aux menaces multiples mettant en péril leur foi, ils peuvent, grâce à la mort et à la résurrection du Christ, se fonder sur la promesse efficace de la grâce de Dieu dans la parole et le sacrement et avoir ainsi la certitude de cette grâce.

Plutôt vague, donc difficile d'être en désaccord.

35. Les réformateurs ont particulièrement souligné le fait que, dans l'épreuve, le croyant ne doit pas regarder vers lui-même mais, dans la foi, regarder vers le Christ et ne se confier qu'en lui seul. Dans la confiance en la promesse de Dieu, il a la certitude de son salut, alors qu'il n'en a aucune s'il ne regarde que vers lui-même.

Trente dit des choses assez claires à propos de cette «certitude» du salut, non?

CANON XVI. - Si quelqu'un dit avec une certitude absolue et infaillible qu'il aura certainement le grand don de la persévérance jusqu'à la fin, à moins qu'il ne l'ait appris par une révélation spéciale: qu'il soit anathème.

36. Les catholiques peuvent partager le souci des réformateurs qui consiste à fonder la foi sur la réalité objective des promesses du Christ, à faire abstraction de l'expérience personnelle et à ne faire confiance qu'à la promesse du Christ (cf. Mt 16, 19 ; 18, 18). Avec le deuxième Concile du Vatican, les catholiques affirment: croire signifie se confier pleinement à Dieu[19] qui nous libère de l'obscurité du péché et de la mort et nous éveille à la vie éternelle.[20]Ainsi on ne peut pas croire en Dieu et en même temps douter de la fiabilité de sa promesse.

Bien sûr. Philippiens 2:12 ne parle pas de comment Dieu est faillible, il parle de comment l'homme est faillible (ce qui explique pourquoi nous travaillions avec crainte et tremblement à accomplir notre salut). Ni les catholiques ni les luthériens ne prétendent que Dieu est imparfait ou stupide. Mais les catholiques reconnaissent que si nous pouvons accepter librement la rédemption, nous pouvons aussi la perdre librement en commettant un seul péché mortel, et pas seulement un péché contre la Foi:

CANON XXVII. - Si quelqu'un dit qu'il n'y a aucun péché mortel, sauf celui d'infidélité, ou que la grâce une fois reçue ne peut être perdue par aucun autre péché, aussi grave et énorme soit-il, sauf par celui de l'infidélité: qu'il soit anathème.

CANON XXVIII. - Si quelqu'un dit qu'une fois la grâce perdue par le péché, en même temps la foi est pour toujours perdue ou que la foi qui reste n'est pas une vraie foi, puisqu'elle n'est pas vivante, ou bien que celui qui a la foi sans la charité n'est pas un chrétien: qu'il soit anathème.

Personne ne saurait douter de la miséricorde de Dieu et du mérite du Christ, alors que chacun pourrait être préoccupé de son salut en regardant ses propres faiblesses et déficiences. Cependant c'est en reconnaissant ses propres échecs que le croyant peut être certain que Dieu veut son salut [cf. sources chapitre 4.6.].

Oui, «Dieu veut son salut», mais Dieu veut aussi continuer à lui donner le libre-arbitre, alors le croyant peut quand même aller en Enfer, malheureusement.

4.7 Les bonnes oeuvres du justifié

37. Nous confessons ensemble que les bonnes oeuvres - une vie chrétienne dans la foi, l'espérance et l'amour - sont les conséquences de la justification et en représentent les fruits. Lorsque le justifié vit en Christ et agit dans la grâce reçue, il porte, en termes bibliques, de bons fruits. Cette conséquence de la justification est pour le chrétien, dans la mesure où il lutte tout au long de sa vie contre le péché, une obligation qu'il doit remplir; c'est la raison pour laquelle Jésus et les écrits apostoliques exhortent les chrétiens à accomplir des oeuvres d'amour.

38. Selon la conception catholique, les bonnes oeuvres qui sont réalisées par la grâce et l'action du Saint-Esprit contribuent à une croissance dans la grâce afin que la justice reçue de Dieu soit préservée et la communion avec le Christ approfondie. Lorsque les catholiques affirment le «caractère méritoire» des bonnes oeuvres, ils entendent par là que, selon le témoignage biblique, un salaire céleste est promis à ces oeuvres. Ils veulent souligner la responsabilité de la personne pour ses actions,

et non contester le caractère de ces oeuvres en tant que don ou, encore moins, de nier que la justification demeure toujours le don immérité de la grâce.

Le Canon 32 ne dit-il pas quelque chose à propos des «oeuvres en tant que dons»?

39. Les luthériens partagent eux aussi l'idée d'une préservation de la grâce et d'une croissance dans la grâce et la foi. Néanmoins ils soulignent que la justice, en tant qu'acceptation par Dieu et participation à la justice du Christ, est toujours parfaite. Ils affirment en même temps que ses conséquences peuvent croître tout au long de la vie chrétienne. En considérant les bonnes oeuvres des chrétiens comme étant les «fruits» et les «signes» de la justification et non des «mérites» propres, ils considèrent également, conformément au Nouveau Testament, la vie éternelle comme «salaire» non mérité dans le sens de l'accomplissement de la promesse de Dieu faite aux croyants [cf. sources pour le chapitre 4.7].

Voir mon commentaire ci-haut.

5. La signification et la portée du consensus obtenu

40. La compréhension de la doctrine de la justification présentée dans cette déclaration montre qu'il existe entre luthériens et catholiques un consensus dans des vérités fondamentales de la doctrine de la justification.

Question stupide: si ce que Trente dit à propos de la Justification est encore valide, et que nous venons de découvrir un concensus avec les luthériens, alors pourquoi ne pas tout simplement énumérer les Canons sur la Justification et faire signer les luthériens pour prouver qu'ils sont d'accord avec?

À la lumière de ce consensus sont acceptables les différences qui subsistent dans le langage, les formes théologiques et les accentuations particulières dans la compréhension de la justification telles qu'elles sont décrites dans les paragraphes 18 à 39 de cette déclaration. C'est pourquoi les présentations luthérienne et catholique de la foi en la justification sont, dans leurs différences, ouvertes l'une à l'autre et ne permettent plus d'infirmer le consensus atteint dans des vérités fondamentales.

Rebelotte la question stupide ci-haut.

41. Il en découle que les condamnations doctrinales du XVIe siècle, dans la mesure où elles se référent à l'enseignement de la justification, apparaissent dans une lumière nouvelle: l'enseignement des Eglises luthériennes présenté dans cette déclaration n'est plus concerné par les condamnations du Concile de Trente.

Re-rebelotte la question stupide ci-haut.

Les condamnations des Confessions de foi luthériennes ne concernent plus l'enseignement de l'Eglise catholique romaine présenté dans cette déclaration.

Et encore, je répète la question stupide ci-haut.

42. Cela n'enlève rien au sérieux des condamnations doctrinales liées à la doctrine de la justification.

Certaines n'étaient pas simplement sans objet.

Hou la la! Le «Catholais» à son meilleur! «Certaines n'étaient pas simplement sans objet»! Mais bonté divine, qu'est-ce que cela peut vouloir dire? Comment pouvez-vous réconcilier cet énoncé avec le Canon 33?

elles conservent pour nous «leur valeur d'avertissements salutaires» dont nous avons à tenir compte dans l'enseignement et la pratique.[21]

Alors, les luthériens sont d'accord avec tous ces Canons sur la Justification?

Pétez et répétez la question stupide ci-haut.

43. Notre consensus dans des vérités fondamentales de la doctrine de la justification

doit avoir des conséquences et trouver sa confirmation dans la vie et l'enseignement des Eglises. A cet égard, il existe encore des questions d'importance diverse qui demeurent et exigent d'être ultérieurement clarifiées. Elles concernent, entre autres, la relation entre la Parole de Dieu et l'enseignement de l'Eglise, ainsi que l'ecclésiologie, l'autorité dans l'Eglise, son unité, le ministère et les sacrements, et enfin la relation existant entre justification et éthique sociale.

Vous voulez dire que cette longue liste d'épicerie de désaccords génèrera chacun plus de comités et de rapports, et ensuite chacun conduira à une «déclaration commune» qui commencera par mettre de côté le Concile de Trente, le Catéchisme de l'Église Catholique, la Somme théologique, etc., pour ensuite prétendre «résumer» la position catholique avec quelques phrases courtes et ambiguës, puis TADA! une position «luthérienne» suffisamment vague deviendra compatible avec cette position «catholique»?

Nous sommes convaincus que la compréhension commune à laquelle nous sommes parvenus constitue un fondement solide qui permettra cette clarification ultérieure.

Vous n'êtes même pas capable d'énumérer les Canons et de dire si vous êtes d'accord ou pas avec eux! Et c'est ça, la preuve de votre courage et de votre pensée claire?

Les Eglises luthériennes et l'Eglise catholique romaine continueront à approfondir leur compréhension commune afin qu'elle porte ses fruits dans l'enseignement et la vie ecclésiale.

44. Nous rendons grâce à Dieu pour ce pas décisif dans le dépassement de la séparation des Eglises. Nous prions l'Esprit Saint de continuer à nous conduire vers cette unité visible qui est la volonté du Christ.

[J'ai omis ici l'annexe et les notes de bas de page. Ils sont à un clique d'ici]


3) Qu'est-ce qu'un «anathème»?

Bon, je reconnais que je suis un peu obsédé ces jours-ci avec: «Aimez le pécheur, haïssez le péché». Néanmoins, il me semble que plusieurs erreurs modernes sont basées sur un amalgame du pécheur et du péché. Apparemment, toute cette Déclaration conjointe sur la justification confond l'hérétique (que nous devons aimer) et l'hérésie (que nous devons haïr).

Prenons une métaphore pour mieux distinguer l'hérétique de l'hérésie: Les anathèmes ressemblent beaucoup à des panneaux indicateurs qu'on voit à l'entrée des villes, comme «Montréal», ou «Toronto», ou «Ottawa». Ces panneaux indicateurs ne font que dire où sont les villes, pas qui y habite. Même si tous les habitants d'Ottawa décidaient de déménager à Montréal, Ottawa serait encore à Ottawa. De la même manière, si vous vous trompez, et que vous croyez que telle personne est à Toronto, alors qu'elle est en fait à Montréal, les villes ne changeront pas de place quand vous découvrirez votre erreur!

La Déclaration conjointe sur la Justification dit à plusieurs reprises que les condamnations de Trente sont toujours valables (ici, ici). En d'autres mots, pour reprendre notre métaphore, cette Déclaration affirme que le panneau indicateur qui dit «Montréal» est bel et bien à Montréal, et que ceux pour Toronto et Ottawa sont aussi devant les bonnes villes.

La Déclaration affirme aussi que les anathèmes ne s'appliquent pas au «partenaire d'aujourd'hui» (ici, ici). En d'autres mots, la Déclaration semble dire que l'Église catholique croyait que les Luthériens étaient à Ottawa, alors qu'ils étaient à Toronto, ou qu'ils habitent maintenant à Montréal. Mais c'est un faux-fuyant. Un anathème ne dit pas dans quelle ville se trouve une personne. Un anathème dit: si et seulement si vous êtes dans telle ville, vous êtes hérétique.

Comme les «panneaux indicateurs» de Trente sont encore valables, nous pouvons demander à n'importe qui, Luthériens ou Musulmans ou Extra-Terrestres: «Êtes-vous dans telle ville?» Alors on revient à ma question stupide.

Parce qu'un anathème est la déclaration qu'une telle affirmation est hérétique, elle ne se démode pas et ne devient pas fausse, même si nous tombons amoureux d'un hérétique (ou que nous perdons la Foi catholique).

4) Conclusion

La Scie du Modernisme coupant la crédibilité de cette Déclaration conjointe.
La Scie du Modernisme coupant la crédibilité de cette Déclaration conjointe.
[Source]

Bien sûr, je suis tout à fait en faveur de l'unité totale visible de tous les chrétiens! Et même si, pour une raison quelconque, nous ne pouvons pas être entièrement d'accord avec un groupe ou un autre de chrétiens, je suis toujours en faveur de minimiser les désaccords, en veillant à ce que nous nous comprenions vraiment, pour l'amour de Dieu.

Ce qui m'effraie dans cette Déclaration conjointe, ce n'est pas que nous discutions avec des protestants. Ce qui me fait peur, c'est que nous ne discutons pas sérieusement entre catholiques!

Une discussion sérieuse entre catholiques impliquerait des questions sérieuses comme:

- Si le Concile de Trente a foiré, pourquoi n'annulons-nous pas ces anathèmes? (Et ensuite il faudrait expliquer comment le Magistère a pu se mettre le doigt dans l'oeil jusqu'à l'omoplate, même si Dieu supposément le dirige.)

- Si le Concile de Trente n'a pas foiré, pourquoi n'utilisons-nous pas ces anathèmes pour découvrir si les gens sont d'accord ou non avec les enseignements du Christ?

- Comment pouvons-nous réconcilier la prémotion divine avec la liberté humaine?

- Si le Concile de Trente, comme tous les autres Conciles, ne peut jamais dire quelque chose qui soit définitif, stable et vrai, alors comment cette Déclaration conjointe pourra-t-elle éviter de tomber avec nous, ainsi que la branche sur laquelle nous sommes assis, et que nous venons de couper avec la Scie du Modernisme?

Je suis désolé, mais Dieu n'a pas une intelligence peu claire, et le Saint-Esprit n'est pas confus. L'Être qui est capable de dire «Que la lumière soit» ne se vautre pas dans les ténèbres. Et allumer un joint de marijuana n'est pas une façon d'éclairer les esprits.

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